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Le drapeau du Venezuela (illustration)
Crédit : Image par ALEXANDER RODRIGUEZ de Pixabay
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L'incertitude est totale au Venezuela, plus de 24 heures après l' "attaque massive" menée par les États-Unis et la "capture" du président Nicolás Maduro le 3 janvier. Si Donald Trump met en avant la lutte contre le narcotrafic pour justifier cette opération hostile, un autre enjeu économique majeur apparaît en toile de fond : le pétrole.
L'or noir est au cœur de la discorde entre États-Unis et Venezuela. Ce dernier jouit de la plus grande réserve de pétrole de la planète. Un immense enjeu entre les deux pays depuis de nombreuses années. Le bras de fer est long d'un demi-siècle et Donald Trump l'a confirmé pendant sa conférence le samedi 3 janvier : "Nos compagnies pétrolières vont aller sur place."
Donald Trump entend prendre en main le futur du pétrole vénézuélien, ce pétrole qu'il estime volé par Caracas. "Ils nous l'ont pris, nous voulons le récupérer", déclarait-il mi-décembre.
Aujourd'hui, il assume pleinement que le pétrole fait partie de la stratégie des États-Unis, selon Patrice Geoffron, spécialiste énergie et professeur d'économie à Paris Dauphine. "Il semble qu'il y ait un bel alignement entre la vision énergétique et la vision de la domination énergétique de l'administration Trump et ce potentiel vénézuélien, explique-t-il. Il est tentant d'imaginer un lien très direct entre les deux".
Un conflit qui prend sa source en 1976. Après plus de 40 ans de présence des compagnies américaines, Caracas nationalise son pétrole. La compagnie d'État Petróleos de Venezuela est créée, ce qui abaisse les compagnies américaines au rang de filiales.
En 1990, les prix chutent et les compagnies étrangères peuvent de nouveau investir. Mais, neuf ans plus tard, c'est le tournant : l'élection d'Hugo Chavez, profondément anti-américain. Le révolutionnaire bolivarien replace les compagnies pétrolières américaines sous l'autorité du Venezuela. Un vol pour Donald Trump, qui depuis sept ans, imposait un embargo sur le pétrole vénézuélien.
Les États-Unis veulent se réaccaparer cette précieuse ressource. Pour rappel, le Venezuela est la première ressource mondiale de pétrole devant l'Arabie Saoudite et l'Iran. Pour autant, ces installations sont désuètes depuis l'embargo américain.
En conséquence, un appauvrissement global du Venezuela qui produit en réalité moins de 1 % du pétrole mondial. C'est du pétrole lourd, spécifique au diesel, au kérosène et au bitume. En s'y implantant, Donald Trump veut augmenter la production : " Nous allons dépenser des milliards, réparer les infrastructures et générer des revenus pour le pays".
Augmenter la production, sans faire de gros investissements. Une opération rentable pour Donald Trump qui en profite pour couper la route du pétrole à la Chine.
"Le pétrole vénézuélien est notamment exporté vers la Chine. C'est une manière de s'inscrire dans le cadre des tensions entre les États-Unis et la Chine. Cela crée plus de tensions sur le marché intérieur chinois, potentiellement dans les temps à venir", analyse l'économiste Patrice Geoffron au micro de RTL. Avec cette stratégie, Washington vise également la Russie qui venait de renouveler pour 15 ans un contrat pétrolier stratégique avec le Venezuela.
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