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Tchernobyl : à quoi ressemble le site de la centrale nucléaire aujourd'hui ?

35 ans après la catastrophe nucléaire, il est possible de visiter les alentours de la centrale et les villages abandonnés pendant plusieurs jours.

Des touristes devant l'immense radar près de Tchernobyl le 24 avril 2021
Des touristes devant l'immense radar près de Tchernobyl le 24 avril 2021
Crédit : Genya SAVILOV / AFP
L'INTÉGRALE - Tchernobyl : à quoi ressemble le site aujourd'hui ?
41:21
RÉCIT - Tchernobyl : le jour où le centrale nucléaire a explosé
03:22
Capucine Trollion
Capucine Trollion

La communauté internationale a réclamé pendant longtemps la fermeture définitive du site de la centrale de Tchernobyl. Elle n'a été effectuée que le 15 décembre 2000, soit 14 ans après la catastrophe.

"Il faut dire que ça été fait uniquement sous pression internationale parce que le gouvernement ukrainien aurait aimé profiter de cette centrale, de continuer à produire de l'électricité", démarre Galia Ackerman, journaliste et essayiste, spécialiste de Tchernobyl, auteure de Traverser Tchernobyl, au micro de Jour J.

"En fait, ce qui est terrible dans cette région de Tchernobyl, c'est que tout l'environnement est toujours contaminé", poursuit-elle. "Il y a des centaines de décharges sauvages et maintenant des décharges modernes qui pourront garder ces déchets (de Tchernobyl, ndlr) pendant des centaines d'années. Parfois, on déterre et on réenterre. Mais, c'est vrai que c'est un endroit maudit", décrit encore Galia Ackerman.

Des employés y travaillent toujours

Aujourd'hui, la centrale ne produit plus d'électricité, les réacteurs sont fermés, "mais les matières fissiles se trouvent toujours là-bas, stockées dans des bassins, car on ne sait pas quoi en faire. Et il y a tout un personnel qui travaille, qui y va tous les jours", révèle-t-elle.

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Ces personnes sont "mesurées tous les jours" et lorsqu'ils ont absorbé un certain niveau de radionucléide, "on leur propose de prendre un congé ou même changer de travail", relate Galia Ackerman. "Il faut encore 60 ans pour que le site de la centrale, soit réduit à ce qu'on appelle la pelouse verte, c'est-à-dire qu'il n'y a plus rien", ajoute la spécialiste.

Et l'Ukraine a mis en place le "tourisme industriel"

"C'est un peu macabre", souligne Flavie Flament, que le site de la centrale soit devenu un un lieu touristique. Plus encore, il y a désormais trois hôtels dans la ville de Tchernobyl pour accueillir les visiteurs. "Avant on ne pouvait venir visiter que pour une journée, maintenant pour que les gens puissent mieux visiter, on peut commander aussi un tour de quelques jours", décrit Galia Ackerman. À Tchernobyl, "il y a une mode pour le tourisme industriel, aussi tourisme de catastrophe. Les gens sont curieux parce que c'est quelque chose d'inhabituel".

Le tourisme s'accroît et "maintenant le gouvernement ukrainien a demandé à l'Unesco de reconnaître Tchernobyl comme patrimoine de l'humanité. Pour moi c'est un peu le comble, mais bon c'est comme ça", révèle Galia Ackerman.

Mais, que visite-t-on dans la zone ?

Pour la visite standard de Tchernobyl, on s'arrête "obligatoirement" devant la centrale, "il y a une terrasse à partir de laquelle on voit le terrain du site industriel", ensuite "on visite la ville de Pripiat qui est une ville totalement morte et interdite aux séjours", "on recommande de ne pas fumer, de ne pas manger, de ne pas inspirer trop profondément, de ne pas marcher sur l'herbe", décrit la spécialiste. 

Et "on visite bien sûr la ville de Tchernobyl où habitent par intermittence les gens qui travaillent toujours dans la zone", et "puis on visite encore un endroit spectaculaire : un énorme radar qui n'a jamais été désinfecté et qui faisait partie d'une installation partiellement démantelée qui était censé détecter de façon précoce les lancements des missiles intercontinentaux", relate Galia Ackerman.

Plus encore, vous pouvez rendre visite aux habitants de Pripiat qui sont revenus vivre dans la ville clandestinement. Une des raisons pour lesquelles les touristes sont impressionnés par cette visite, c'est qu'il y a "quelque chose de magique dans les ruines en général", et pour le cas de Pripiat "qui est restée telle qu'elle était en 1986", "c'était une ville communiste moderne et modèle et ce sont les traces d'un monde communiste disparu", conclut Galia Ackerman.

Tous les jours dans Jour J, de 20h à 21h sur RTL, Flavie Flament vous fait découvrir les grands moments d’actualité qui ont marqué la mémoire collective.

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