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Grèce : Lesbos déchirée par les vagues migratoires

REPORTAGE - Sur l'île grecque de Lesbos, à la frontière avec la Turquie, les habitants sont divisés sur l'accueil des migrants. Alors que des enfants réfugiés se suicident, certains insulaires considèrent qu'ils ont dépassé les capacités d'accueil.

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Grèce : Lesbos déchirée par les vagues migratoires Crédit Image : LOUISA GOULIAMAKI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Sina Mir édité par Nicolas Scheffer

À Lesbos en Grèce, s'exprime la colère aux frontières de l'Europe et de la Turquie. On retient ces images qui ont fait le tour du monde : des habitants armés de bâtons pour repousser un bateau de migrants. 

Lesbos a toujours connu des vagues migratoires, souvent plus importantes, mais depuis une semaine, l'île se déchire. Quand la vague redescend une semaine après, seul sur un tabouret, Yannis est un pêcheur de la côte nord. Pour nous raconter son histoire, il plonge dans ses souvenirs comme dans ses filets. 

"Vous savez, comme tout le monde dans le village, moi aussi je viens d’en face. Nous sommes arrivés il y a deux générations, cela fait 35 ans que je suis pécheur ici.
Des réfugiés, depuis 2015, j’ai dû à moi seul en sauver près de 500. Leurs moteurs s’arrêtent à quelques milles de la plage, beaucoup ne savent pas nager et on les aide tous. Le village en a sauvé des milliers et je le ferai encore, mais aujourd’hui, on ne peut plus accueillir d’avantage, c’est trop, il faut protéger la frontière."

6.000 enfants dans le camp de la Moria

Des Afghans, des Soudanais, des Syriens, un tiers de l'île est aujourd'hui peuplée de réfugiésLe gouvernement annonce un nouveau camp de détention à Lesbos, alors que l'île est déjà totalement saturée.

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Près de 30.000 personnes sont dans le camp de la Moria, dont 6.000 enfants. On les croise sur toutes les routes. Sous une des petites tentes de l'ONU, une mère traîne une bassine de linge propre, elle a fuit l'Afghanistan avec ses enfants. 

"Nous sommes là depuis quatre mois sans bain pour nous laver, nous n’avons rien.
Des gens mangent mêmes des racines, des plantes, du plastique. Il y a des mouches et toutes sortes de saletés. L’un de mes enfants est totalement malade, il tousse et je ne vais pas bien non plus. Nous avons quitté notre patrie à cause de la guerre, des suicides, des explosions, sinon c’est le meilleur pays au monde. Nous sommes venus ici et ici c’est l’enfer", témoigne-t-elle. 

Des suicides d'enfants

Un camp indigne de l'Europe où même les enfants cherchent à mettre fin à leurs jours. Selon les derniers relevés de Médecins sans frontière. Marco Sandrone est coordinateur de la clinique du camp. Il évoque pas moins d'une dizaine de cas l'année dernière. Certains enfants qui ont tenté de se suicider n'auraient même pas dix ans. 

"Rien que de le dire, c’est effrayant. Mais c’est la réalité de Moria. La plupart d’entre eux arrêtent de se nourrir, de dormir, s’isolent, ne jouent plus, ne parlent plus. Ensuite, ils s’en prennent à eux-mêmes, vont jusqu’à frapper leur tête contre les murs, se tirent eux-mêmes les cheveux. Tout cela n’est pas une urgence hein ? C’est quelque chose qu’on a vu venir ! Seule l’Union européenne prétend ne pas voir ce qu’il se passe ici", s'inquiète-t-il.

Des tensions contre les ONG

Pourtant, c'est bien contre ces mêmes humanitaires qu'une partie des habitants de l'île s'est retournée : voitures caillassées, personnel menacé... Plusieurs organisations ont dû évacuer leur personnels. 

Mais il y a aussi des agressions entre insulaires. Deux partisans locaux de l'extrême droite ont été condamnés après s'en être pris à une figure locale de l'humanitaire. "J'ai été là pendant la crise de 2015, mais là, c'est tragique. L'Union européenne est crimele", dit-elle.

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