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Raid américain contre un général iranien : une guerre inévitable entre les deux pays ?

INVITÉ RTL - Le puissant général Qassem Soleimani a été tué tôt vendredi par les Américains, ce qui laisse craindre "un scénario peu favorable" dans les prochains jours, selon le spécialiste en géopolitique Bruno Tertrais.

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Raid américain contre un puissant général iranien : une guerre inévitable ? Crédit Image : KHAMENEI.IR / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi édité par Félix Roudaut

Le puissant général Qassem Soleimani, homme-clé de l'influence iranienne dans la région, a été tué dans des frappes américaines à Bagdad (Irak) dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 janvier 2020.

L'Iran a confirmé dans la foulée la mort du militaire et les conséquences de ce décès se font déjà sentir. Le prix pétrole a notamment bondi et la tension dans cette zone, qui était déjà bien palpable, gagne en vigueur.

Pour comprendre l'ampleur de ce qui s'est joué sur le plan international, il faut d'abord dresser le portrait de la victime. "C'est un personnage tout à fait extraordinaire. C'est à la fois un Che Guevara et un général Patton. C'est un révolutionnaire et un chef de guerre en même temps", explique sur RTL Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.

"Un homme extraordinairement important"

Qassem Soleimani fut l'architecte d'une grande partie de la politique extérieure de la République islamique d'Iran ce qui fait de lui le numéro 2 officieux du régime. "Il est discret, il n'aime pas les portraits, mais c'est un homme extraordinairement important", estime ce spécialiste de la géopolitique. Il a notamment dirigé pendant près de 20 ans la force Qods, une unité spéciale des Gardiens de la Révolution.

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Si l'homme jouissait d'une popularité certaine dans son pays il y a quelques années, son image s'est toutefois écornée auprès de l'opinion ces derniers temps. "Les Iraniens en veulent beaucoup à leur régime de dépenser beaucoup d'argent sur l'influence à l'étranger au lieu de s'occuper d'eux (...) Je ne suis pas sûr qu'il était toujours aussi populaire", juge Bruno Tertrais.

Donald Trump a certes autorisé cette opération risquée, mais il a été appuyé par le Pentagone dans sa décision. "Il y a une détestation de cet homme (...) depuis très longtemps aux États-Unis et il était ciblé depuis longtemps", développe l'auteur de La revanche de l'histoire (Odile Jacob). Qassem Soleimani est en effet tenu pour responsable de la mort de centaines d'Américains en Afghanistan et en Irak notamment.

Une frappe "extrêmement favorable" pour Trump

Cette frappe permet également à Donald Trump de se montrer ferme alors qu'on a pu lui reprocher la faiblesse de ses réponses aux récentes attaques iraniennes. Téhéran a franchi la ligne rouge en attaquant l'ambassade des États-Unis à Bagdad mardi 31 décembre 2019. Cette riposte de Donald Trump "sera mise à son crédit par l'opinion américaine ou en tout cas par ses supporteurs", prédit Bruno Tertrais.

Donald Trump va en effet pouvoir se présenter comme quelqu'un qui a "fait mieux" que Barack Obama puisqu'il s'est "débarrassé de deux des grands ennemis de l'Amérique : Abou Bakr al-Baghdadi et désormais de Soleimani", analyse le spécialiste de géopolitique, selon qui cette frappe sera "extrêmement favorable" pour le locataire de la Maison Blanche qui brigue un second mandat en 2020.

Une "réplique discrète" ?

L'Iran n'a pas tardé à réagir et le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est engagé  à "venger" la mort du général. Si les mots sont durs, une guerre n'est toutefois pas inévitable. "Je crois que la République islamique d'Iran ne veut pas d'un conflit ouvert et majeur avec les États-Unis, mais l'ayatollah Ali Khamenei a déjà décidé il y a à peu près un an qu'il était prêt à une petite confrontation avec les États-Unis si c'était nécessaire", déclare Bruno Tertrais.

Téhéran est prête à encaisser des frappes américaines sur son territoire, mais pas une opération massive. Le scénario le plus logique serait une "réplique discrète" comme des tentatives d'assassinats ou d'attentats. Il est également peu probable que Donald Trump souhaite une guerre. "Mais la dynamique de l'escalade n'est pas toujours contrôlable", nuance l'expert. Il faut donc craindre "un scénario peu favorable" dans les jours et les semaines qui viennent.

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