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Le commandant en chef de l'ICE Grégory Bovino marche vers son véhicule près d'une station-service de Minneapolis, aux États-Unis, le 21 janvier 2026.
Crédit : ROBERTO SCHMIDT / AFP
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Ses hommes sont camouflés, cagoulés, mais pas lui ! Mi-shérif, mi-cowboy, Gregory Bovino avance fièrement. Avec son visage émacié, ses cheveux très courts et rasés sur les côtés, l'homme âgé de 55 ans est le commandant en chef de l'ICE, l'unité dont les méthodes brutales divisent les américains.
Dans la rue, certains lui demandent un selfie, d'autres l'invectivent, téléphone en main. "Titre 8 de la loi immigration", justifie Grégory Bovino auprès de ses détracteurs. Personne ne connaissait son visage il y a un an. L'agent était complètement anonyme, mais occupait déjà le poste de garde-frontière, en tant que chef de section en Californie.
Un métier que le natif de Caroline du Nord dit avoir choisi il y a 30 ans. "Un rêve de gosse", explique-t-il au New York Times. Le déclic : Le film The Border en 1982, avec Jack Nicholson qui incarne un policier muté à la frontière mexicaine.
Pour Gregory Bovino, traquer les clandestins et arrêter les passeurs, ce n'est pas du cinéma : "Je me sens pas mal. L'immigration doit servir notre pays, renforcer l'Amérique et ce n'est pas ce qui s'est passé ces quatre dernières années avec l'arrivée de millions d'immigrés", juge-t-il.
Ce n'est pas pour rien que l'administration le nomme l'été dernier commandant en chef de l'ICE, un titre crée sur mesure pour ce fonctionnaire zélé, si appliqué à expulser et à le faire savoir. Son goût pour la communication et la mise en scène ont réussi à séduire Donald Trump.
Et comme le président américain, Gregory Bovino adore les réseaux sociaux. Il publie régulièrement les photos de ces hommes et femmes arrêtés par son unité, mais aussi des montages vidéos, souvent en musique, avec des titres d'Elvis Presley.
Ses détracteurs lui demandent s'il n'a pas honte, lui, arrière petit fils d'immigré italien, arrivé illégalement. Lui qui ne fait parler que de crime, alors que son propre père a fait un an de prison pour avoir tué une jeune femme en conduisant en état d'ivresse.
Lorsque l'ICE est accusé de méthodes comparables à celles de la Gestapo, Bovino choisit la méthode Trump pour répondre : "Pourquoi n'allez-vous pas vivre à côté d'un appartement où il y a de la prostitution, des armes, de la drogue ? Allez-y et vous verrez si on est de la Gestapo ou des nazis". Droit dans ses bottes, doigt sur la couture du pantalon. Pour Gregory Bovino, c'est plutôt les deux pouces sur le ceinturon.
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