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5 min de lecture
Alex Pretti, tué à Minneapolis le 24 janvier 2025
Crédit : Captures The Guardian
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Des témoignages et vidéos contestent clairement les déclarations du gouvernement américain. Après la mort d'Alex Pretti, tué par des agents fédéraux, à Minneapolis samedi 24 janvier, l'administration Trump a rapidement donné sa version des faits : l'homme s'apprêtait à mettre en danger des agents.
Le département de la Sécurité intérieure a même partagé une photo d'une arme à feu, que Donald Trump a décrite comme "l'arme du tireur, chargée et prête à tirer" dans un post sur son réseau social Truth Social.
Kristi Noem, la secrétaire d'État à la Sécurité intérieure, a renchéri : "Les policiers ont tenté de désarmer cet individu, mais le suspect armé a réagi violemment. Craignant pour sa vie et celle de ses collègues autour de lui, un agent a tiré des coups de feu défensifs. La victime a été déclarée morte sur les lieux." Le conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a quant à lui qualifié Alex Pretti d'"assassin", dans un message relayé par le vice-président JD Vance.
Mais rapidement, des preuves sont venues mettre à mal la version de l'administration Trump. Le département de la Sécurité intérieure affirme donc qu'Alex Pretti "s'est approché des agents de la police des frontières américaine avec un pistolet semi-automatique de 9 mm" sans préciser si l'arme se trouvait dans la main de l'infirmier de 37 ans ou juste sur sa personne. Mais des vidéos, authentifiées par le New York Times, montrent clairement que la victime avait un téléphone dans sa main.
Les images montrent Alex Pretti en train d'aider à fluidifier la circulation lors d'une manifestation et de filmer des manifestants anti-ICE et des agents armés en civil portant des gilets siglés "Police" dans la rue. Il intervient, téléphone bien visible dans la main, quand les agents commencent à utiliser une bombe au poivre contre les manifestants, et essaie d'en aider une. C'est alors qu'il est attrapé par l'arrière par l'un des agents présents et que d'autres essaient ensuite de le mettre à genoux.
La police de l'immigration de nouveau dans le viseur aux États-Unis après la mort d'Alex Pretti
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Quelques secondes après qu'Alex Pretti a été plaqué au sol par plusieurs agents, ces derniers hurlent qu'il a une arme. Un agent sort une arme du groupe, qui semble être celle postée par le département de la Sécurité intérieure, puis un autre agent pointe son arme dans le dos de l'infirmier, immobile au sol, et semble tirer une fois, puis continuer jusqu'à ce qu'il s'écroule. Un troisième agent tire également - le média américain mentionne au moins dix tirs en l'espace de cinq secondes.
Le Guardian mentionne également des vidéos montrant clairement qu'Alex Pretti avait un téléphone dans la main quand il s'est approché des agents fédéraux, contrairement à ce qu'affirme le département de la Sécurité intérieure. Une version également confirmée par les témoignages sous serment de deux personnes présentes, comme le révèle le média anglais.
L'une d'entre elles a filmé la scène et se trouvait juste derrière l'infirmier au moment des faits. "Les agents ont plaqué l'homme au sol. Je ne l'ai pas vu toucher l'un d'entre eux, il n'était même pas tourné vers eux. Il ne semblait pas essayer de résister, il essayait simplement d'aider la femme à se relever", peut-on lire dans le Guardian.
"Je ne l'ai pas vu avec une arme. Ils l'ont jeté à terre. Quatre ou cinq agents l'ont maintenu au sol et ont commencé à lui tirer dessus. Ils lui ont tiré dessus tellement de fois… Je ne sais pas pourquoi ils lui ont tiré dessus. Il ne faisait qu'aider", ajoute-t-elle. La témoin l'affirme : la déclaration de la Sécurité intérieure est "fausse", l'homme "ne s'est approché des agents avec une arme". La femme affirme avoir "peur", continuant de dire que "je sais qu'ils (les agents fédéraux, NDLR) ne disent pas la vérité sur ce qui s'est passé".
Le deuxième témoin est un médecin de 29 ans qui a assisté à la mort d'Alex Pretti depuis la fenêtre de son appartement. Il affirme également qu'il "ne l'a pas vu attaquer les agents ni brandir une arme quelconque". Le médecin explique également dans ce témoignage sous serment avoir voulu assister médicalement la victime mais que les agents n'ont dans un premier lieu, pas voulu le laisser passer.
En plus de ces témoignages et des vidéos, de nombreux politiques ont élevé leur voix pour contredire la version de l'administration Trump. Tim Waltz, gouverneur du Minnesota, a déclaré : "C'est une campagne de brutalité organisée contre le peuple du Minnesota. J'ai vu les vidéos sous plusieurs angles et ça me rend malade."
"Alex Jeffrey Pretti était infirmier en soins intensifs dans un hôpital militaire. À travers son métier, il a consacré sa vie au service de sa communauté et de notre pays. Comme beaucoup l'ont vu dans les vidéos, son dernier geste avant d'être tué par les agents fédéraux a été de faire tout ce qui était en son pouvoir pour protéger sa communauté", a de son côté déclaré Kamala Harris sur X.
Dans un communiqué publié par les médias américains, les parents d'Alex Pretti ont accusé l'administration Trump de répandre "des mensonges écœurants" sur leur fils, "un être au grand cœur". Ils ont dit avoir "le cœur brisé" mais être "très en colère". "Alex n'a clairement pas d'arme quand il est attaqué (...) il avait son téléphone dans sa main droite et sa main gauche, vide, était levée au-dessus de sa tête pour protéger la femme jetée à terre". "S'il-vous-plaît dites la vérité sur notre fils".
Le meurtre d'Alex Pretti arrive dans un contexte très tendu à Minneapolis où Renee Good, une mère de famille de 37 ans, a été abattue par un agent de l'ICE, la police de l'immigration, lors d'une intervention, alors qu'elle était au volant de sa voiture le 8 janvier dernier. Cette première mort a entraîné une vague de plusieurs manifestations à Minneapolis, auxquelles avait participé Alex Pretti, pour protester contre la police de l'immigration.
L'ICE est pointé du doigt après cette mort mais également la détention d'un garçon de 5 ans et d'une fillette de 2 ans ces derniers jours. Après la mort d'Alex Pretti, malgré un appel au calme de la police locale, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer ces violences dans un parc de Minneapolis. Des rassemblements de protestation ou d'hommages ont également eu lieu dans plusieurs villes de New York à Los Angeles.
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