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Présidentielle USA : après 2016, peut-on encore faire confiance aux sondages ?

ÉCLAIRAGE - Quatre ans après la victoire surprise de Donald Trump, la plupart des instituts de sondages assurent avoir corrigé leur méthodologie.

Donald Trump, le soir de sa victoire à la présidentielle le 9 novembre 2016
Donald Trump, le soir de sa victoire à la présidentielle le 9 novembre 2016 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
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Thomas Pierre et AFP

Il y a quatre ans, l'élection surprise de Donald Trump a fait l'effet d'un coup de massue, non seulement pour Hillary Clinton et ses partisans, mais aussi pour les instituts de sondages, qui avaient majoritairement pronostiqué une victoire de la démocrate. Pour cette présidentielle 2020, la plupart d'entre eux font état d'une large victoire de Joe Biden sur Donald Trump. 

Mais après la claque de 2016, peut-on encore leur faire confiance ? À une semaine de l'élection du 3 novembre, le démocrate devance le président républicain de près de huit points au niveau national, selon la moyenne des sondages du site RealClearPolitics. 

Pour rappel, aux États-Unis, un candidat peut accéder à la Maison Blanche sans remporter le vote populaire au niveau national. Il lui "suffit" de décrocher la majorité des grands électeurs au niveau des États (au moins 270)C'est exactement ce qui s'est passé avec l'élection de Donald Trump face à Hillary Clinton

Les erreurs de 2016 ont-elles été corrigées ?

Cette année encore, six États sont jugés susceptibles de faire basculer la victoire : Floride, Caroline du Nord, Arizona, Wisconsin, Pennsylvanie et Michigan. Là aussi, Joe Biden a l'avantage, même s'il est parfois dans la marge d'erreur. 

En 2016, les sondages avaient correctement photographié, la veille du vote, la légère avance nationale d'Hillary Clinton. Mais ils "se sont trompés dans certains des Etats pivots du Midwest" qui ont donné la victoire à Donald Trump, dit à l'AFP Chris Jackson, de l'institut Ipsos. Parmi les causes, il évoque une sous-représentation dans les échantillons des "personnes blanches sans diplôme universitaire", qui se sont finalement déplacées pour mettre un bulletin Trump dans l'urne.

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La plupart des instituts assurent avoir corrigé leur méthodologie pour éliminer cet angle mort. Les États-clés, peu sondés la dernière fois, font aussi l'objet d'études beaucoup plus nombreuses et répétées. 

En outre, les sondeurs soulignent une grande stabilité. Depuis le printemps, Joe Biden mène avec une avance moyenne qui n'est jamais tombée sous les quatre points. Par comparaison, les courbes Clinton-Trump, en dents de scie, s'étaient croisées à deux reprises, illustrant une course incertaine. 

Des électeurs de Trump "timides"?

La thèse a émergé d'électeurs trumpistes "timides", qui, interrogés par les sondeurs, préféreraient taire leur choix tant leur champion est controversé. "Les sondages se sont trompés la dernière fois et ils se trompent encore plus cette fois", martèle ainsi Donald Trump.

Trafalgar Group, un institut de sondages proche des républicains qui se targue d'une méthodologie censée contourner ce biais, avait été quasiment le seul, en 2016, à donner Donald Trump gagnant en Pennsylvanie et dans le Michigan. Or, cette fois, même ce sondeur donne l'avantage à Joe Biden dans des États cruciaux comme la Pennsylvanie et le Wisconsin.

Il y a quatre ans, l'homme d'affaires novice en politique était une nouveauté, et les nouveautés sont toujours difficiles à appréhender par les sondeurs. "Aujourd'hui, chacun s'est fait son opinion sur lui, il n'y a plus vraiment d'effet surprise autour de Donald Trump", souligne Chris Jackson.

Biden victorieux même en cas de défaillance des sondages ?

Dans le doute d'une éventuelle nouvelle défaillance des sondages, le New York Times a fait le calcul. Même si les sondages actuels, État par État, se trompaient autant qu'il y a quatre ans, Joe Biden l'emporterait malgré tout largement.

"M. Biden est plus proche, dans notre moyenne, de gagner le Texas", un bastion républicain, ce qui se traduirait par un "raz-de-marée" en sa faveur, "que le président Trump ne l'est de l'emporter dans des États plus traditionnellement disputés comme la Pennsylvanie ou le Nevada", écrivait récemment Nate Cohn, le spécialiste du quotidien.

Des incertitudes demeurent

Sondeurs et analystes prennent toujours soin de rappeler que les intentions de vote ne sont pas une prédiction et qu'il y a une marge d'erreur. Surtout, la campagne est une dynamique. La dernière présidentielle s'est probablement jouée dans la dernière ligne droite, au gré de l'actualité. Et aucune élection n'est semblable à la précédente.

Autre élément à prendre en considération : aux États-Unis, l'inscription sur les listes électorales varie énormément, ce qui rend particulièrement difficile de prédire la participation. Donald Trump invoque les foules enthousiastes de ses meetings pour annoncer un élan en sa faveur, mais cela se traduira-t-il dans les urnes? Le camp démocrate, peu mobilisé pour Hillary Clinton, candidate impopulaire qui semblait avoir gagné d'avance, fera-t-il bloc derrière Joe Biden pour chasser un président honni ? 

Le vote anticipé déjà plus important qu'en 2016

Enfin, reste une inconnue et non des moindres : quel impact aura la pandémie sur l'élection du 3 novembre ? Autant de facteurs "difficiles à prendre en compte par les sondages".

Seul certitude à une semaine du scrutin : le vote par anticipation ou par correspondance est déjà plus important que ce qu'il était quatre ans plus tôt en 2016 (60 millions).
"Le vote par anticipation et par correspondance atteint des niveaux historiques. Nous ne savons pas quel effet cela aura", explique Chris Jackson. 

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