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Pour ou contre "Bibi" ? Les Israéliens appelés aux urnes ce mardi, le scrutin s'annonce serré entre Benyamin Netanyahu et ses opposants

Les Israéliens votent ce mardi 27 octobre pour les élections législatives. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou n'est pas certain de rester au pouvoir, fragilisé par les questions sécuritaires autour du 7-Octobre et la question de la Cisjordanie.

Une affiche pour le parti de Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv le 20 octobre 2026.

Crédit : Jack GUEZ / AFP

Marine Langlois & AFP

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Un scrutin décisif. Les Israéliens sont appelés aux urnes ce mardi 27 octobre pour élire leurs députés, le premier vote depuis les attaques du 7 octobre 2023. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a été fragilisé ces derniers temps, le scrutin prenant des airs de référendum pour ou contre l'homme politique de 77 ans. Et la victoire est loin d'être acquise. 

En 2022, la liste de droite portée par Benyamin Netanyahou était arrivée en tête mais avait dû s'allier avec les partis d'extrême droite pour obtenir la majorité au Parlement. Le jeu des alliances risque encore d'être crucial cette année alors qu'aucun des 38 partis candidats ne peut obtenir les 61 sièges pour gouvernement à eux seuls. 

Les principaux partis en lice sont divisés en deux blocs : le bloc pro-Netanyahu, d'un côté, avec notamment son parti, le Likoud, et d'autres partis d'extrême droite et religieux ; en face, le bloc anti-Netanyahu, emmené par le parti Yashar de Gadi Eisenkot, avec des figures du centre-droit et de la gauche. 

Les épineuses questions du 7-Octobre et de la Cisjordanie

L'opposition au Premier ministre a notamment basé sa campagne sur l'envie de réconcilier un pays profondément divisé, reprochant à Netanyahu sa gestion de l'après-7 octobre, son virage très à droite, ses guerres à répétition et ses attaques contre la démocratie et l'État de droit en Israël.

Il faut dire que Benjamin Netanyahu a enchaîné les scandales ces derniers temps. Il a notamment été révélé début septembre par une enquête du quotidien Haaretz, que le chef du gouvernement aurait été averti fin septembre 2023 d'une attaque majeure en préparation du Hamas mais n'aurait pas prévenu les chefs des services de sécurité. Imputant à "Bibi" des responsabilités dans les défaillances sécuritaires avant le 7 octobre, Gadi Eisenkot s'est engagé à créer une commission d'enquête indépendante sur ces événements : "Tu savais, tu as ignoré, tu as échoué, tu es responsable. Les excuses, c’est fini", a-t-il martelé.

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Ajoutons à l'épineuse question du 7 octobre, la guerre en Iran mais aussi la gestion de la situation à Gaza et en Cisjordanie. Les violences de colons israéliens se sont multipliées ces derniers temps dans le territoire occupé, avec notamment les agressions d'une photographe américaine et d'un maire français. Les violences se font de plus en plus nombreuses : l'ONU a recensé 1.623 attaques de colons israéliens contre les Palestiniens entre janvier et août 2026, contre 1.836 sur toute l'année 2025.

Et le soutien de Benjamin Netanyahu aux colons israéliens les plus radicaux peut devenir un handicap. Ses opposants politiques dénoncent son laxisme. "Ce qui se passe en Cisjordanie, c'est du terrorisme juif sous les auspices du gouvernement israélien", a attaqué Gadi Eisenkot. Auprès de l'AFP, Alon Yakter, politologue à l'Université de Tel Aviv, analyse : "Même si la société israélienne penche vers la droite et que la population n'est pas favorable à une solution" à deux États [israélien et palestinien], "il existe un large consensus contre la violence des colons."

Donald Trump soutient "Bibi", un "guerrier exceptionnel"

De son côté, Benjamin Netanyahu a centré sa campagne sur la sécurité, affirmant pouvoir en être le seul garant. Tout au long de la campagne, des affiches à son effigie ont été placardées à travers le pays, portant le slogan: "Soit la droite, soit la Palestine". 

Il a aussi brandi la menace iranienne, revendiquant les résultats de la guerre lancée en février contre Téhéran aux côtés de Donald Trump. "Nous avons accompli 90 % du travail, il en reste 10 %. Qui va s'en charger ? Eisenkot et les Frères musulmans? Non. Moi seul peux le faire", a-t-il lancé. Plus tôt dimanche, il avait publié une image générée par intelligence artificielle montrant un champignon atomique engloutissant ce qui semble être Tel-Aviv, accompagnée d'un texte présentant l'Iran comme une menace existentielle éclipsant tous les autres enjeux électoraux. 

Donald Trump a de son côté appelé dimanche à voter pour le Premier ministre sortant, citant la guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran comme un exemple de "victoire commune". "Lorsque vous irez voter, n'oubliez pas que Bibi a été un Premier ministre guerrier exceptionnel", a écrit le président des États-Unis sur son réseau social Truth Social.

Les partis arabes boudés par le bloc anti-Netanyahu

L'issue du scrutin est très incertain. Pour le moment, les deux blocs ne semblent pas en mesure d'obtenir la majorité : selon un dernier sondage, l'opposition pourrait compter sur 52 à 54 sièges et Netanyahu sur 50. Le bloc vainqueur devra donc forcément passer par une alliance avec un ou plusieurs partis du bloc opposé, des négociations qui pourraient durer un moment permettant à Benjamin Netanyahu de rester au pouvoir le temps qu'une coalition se forme. 

Les partis arabes, qui pourraient totaliser près de 14 sièges, ont fait savoir qu'ils étaient prêts à soutenir toute coalition qui ferait tomber l'actuel Premier ministre mais plusieurs partis du bloc anti-Netanyahu ont déjà indiqué qu'ils ne voulaient pas former un gouvernement avec elles. Ces partis représentent la minorité des Arabes israéliens, environ 20% de la population.

Benjamin Netanyahu pourra de son côté compter sur les voix des partis religieux et de l'extrême droite. Mais si personne n'arrive à se mettre d'accord pour former une coalition, alors les Israéliens devront revoter.

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