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Le maire adjoint du village d'Al Mughayyir en Cisjordanie explique qu'il ne peut plus aller sur ses terres
Crédit : Emilie Baujard/RTL
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Le village d’Al Mugghayyir n’est désormais accessible que par une seule route. Toutes les autres ont été interdites par l’armée israélienne. Depuis plus de trois ans et l'attaque du 7-Octobre, de nouvelles colonies sur les territoires palestiniens s'installent, encouragées par le gouvernement israélien. Au nord-est de Ramallah, en Cisjordanie, RTL s'est rendue dans ce village palestinien de 4.000 habitants qui subit chaque jour la violence des colons venus s'installer autour de chez eux.
Au bout du village, près d’un champ d’oliviers, un habitant nous interpelle, très en colère. Rajeb a 70 ans et marche avec une canne : "Je suis venu ce matin récolter mes olives, des soldats puis des colons sont arrivés. Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit de récolter, ils m’ont chassé et ils m’ont volé toute ma récolte".
À côté de nous, un adolescent s'écrie : "Drone !". Un drone vient de passer au-dessus de nous. "Ils sont là avec leur drone, ils nous observent et ensuite ils arrivent", explique Rajeb. Tout le monde préfère partir. Nous trouvons refuge de l’autre côté du village en hauteur. Autour de nous, à quelques kilomètres, on aperçoit des baraquements, des caravanes.
Ce sont nos champs et nos oliviers, mais on ne peut plus y aller. Ils veulent nous étouffer pour qu'on parte.
Mazouk Abu Naim, maire adjoint d'Al Mughayirr.
"Regardez devant et autour de nous : il y a une colonie sauvage ici, une autre là-bas, une en haut, et une nouvelle construite il y a quelques semaines. En tout, ce sont 12 colonies autour de nous", explique Mazouk Abu Naim, le maire adjoint d'Al Mughayirr.
"Et là en contrebas, on ne peut plus utiliser cette route, ni celle là-bas qui a été construite pour les colons. Plus loin, ce sont aussi nos champs et nos oliviers, mais on ne peut plus y aller. Ils veulent nous étouffer pour qu'on parte".
En quelques années, le village a perdu 90% de ses terres. La violence s’est accentuée depuis les attentats du 7 octobre. "Les colons viennent nous attaquer, ils déracinent nos oliviers, ils ont aussi tué tous nos moutons et l’armée ferme la route quand elle veut. Tout ça nous empêche de vivre normalement", raconte le maire adjoint.
Il y a quelques mois, c’est l’école à l’entrée du village qui a été attaquée par des colons. Des heurts ont éclaté : deux Palestiniens sont morts. Bassam Abu Assaf, est le directeur de l’établissement : "Un des élèves est sorti par cette porte, et il a pris une balle en pleine tête. Un parent est venu aider les enfants et il a été tué lui aussi".
L’armée israélienne dit avoir ouvert une enquête à propos de ce drame. Mais le directeur vit dans le stress et l’hypervigilance. Tout à coup, il se fige et regarde au loin sur la route. "Là, il y a deux véhicules de l’armée. Ils entrent dans le village. On ne sait pas ce qu'ils viennent faire. Mais voilà, ils sont dans le village". Cette fois, les soldats n'ont fait que passer. Pour se protéger, le directeur a fait construire un mur de barbelés autour de l'école et des maisons voisines.
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