1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Missile hypersonique : ce que nous savons sur l’arsenal militaire chinois
3 min de lecture

Missile hypersonique : ce que nous savons sur l’arsenal militaire chinois

ÉCLAIRAGE - Après l'essai en août d'un missile hypersonique chinois, le Pentagone s'inquiète d'un développement militaire rapide de Pékin, qui interroge sur ses intentions.

Des missiles balistiques intercontinentaux chinois DF-41 lors d'un défilé militaire sur la place Tiananmen à Pékin le 1er octobre 2019
Des missiles balistiques intercontinentaux chinois DF-41 lors d'un défilé militaire sur la place Tiananmen à Pékin le 1er octobre 2019
Crédit : GREG BAKER / AFP
Pourquoi le missile hypersonique chinois inquiète-t-il les États-Unis ?
00:00:56
Saison 3 - 10. Chine-États-Unis : se dirige-t-on vers une nouvelle "guerre froide" ?
00:10:47
Thomas Pierre & Brice Dugénie

La Chine a tiré cet été un missile hypersonique. Un test qui préoccupe les États-Unis, car ce missile hypersonique chinois change la donne. Une telle capacité militaire permet en effet à Pékin de frapper n'importe quel pays sur la planète. Et c'est bien ce qui inquiète le général John Hyten, numéro deux de l'état major américain, sur la chaîne CBS. "C'est quand même une immense capacité qui change beaucoup de choses", assure-t-il. 

"Donc oui, c'est préoccupant. Ils ont lancé un missile longue portée qui a quasiment fait le tour du monde à une vitesse hypersonique pour revenir frapper une cible en Chine", ajoute-t-il. Cette arme longue portée se déplace à plus de 7.000 km/h et à basse altitude, ce qui la rend impossible à détecter et à intercepter avec un bouclier antimissile. 

"Pourquoi développer une telle arme, si ce n'est pas pour attaquer d'autres pays ?", interroge le militaire américain. Fin octobre, le Pentagone avait déjà fait part de son inquiétude, en estimant la Chine de plus en plus proche de son "moment Spoutnik" après l'essai de ce missile à capacité nucléaire qui avait fait le tour de la Terre en orbite basse avant de descendre vers sa cible. 

Un "moment Spoutnik"

"Ce à quoi nous avons assisté, c'est (...) un test très significatif d'un système d'armement hypersonique", assurait déjà le général Mark Milley. Le plus haut gradé américain avait comparé ce test au lancement en 1957 par l'URSS du premier satellite artificiel, Spoutnik, qui avait lancé la course à la conquête spatiale. "Je ne sais pas si c'est exactement comme Spoutnik mais je pense que c'en est très proche."

En 2019, la Chine avait déjà présenté un missile hypersonique, le DF-17. Cette arme de portée intermédiaire (autour de 2.000 km), sous forme de "planeur", pouvait porter des têtes nucléaires. Mais le missile tiré en août peut atteindre l'espace, être placé en orbite puis retraverser l'atmosphère avant de frapper sa cible. Sa portée est ainsi bien plus grande. 

1.000 tête nucléaires d'ici 2030

À lire aussi

Au-delà de la prouesse technologique, cet essai atteste également d'uarmement intensif de Pékin. Dans un rapport publié début novembre, le ministère américain de la Défense estimait que la Chine développait son arsenal beaucoup plus vite que prévu

En septembre 2020, le Pentagone évaluait que la Chine comptait "environ 200" ogives nucléaires, un chiffre qui devait doubler au cours des dix années suivantes. Or, avec 700 ogives nucléaires dès 2027 et 1.000 d'ici 2030, les nouvelles projections des militaires américains montrent que Pékin s'équipe d'un arsenal au pas de charge. 

Selon ce document, les Chinois auraient même "probablement déjà établi une 'triade nucléaire' naissante", c'est-à-dire la capacité de lancer des missiles nucléaires balistiques depuis la mer, la terre et les airs,

Une invasion de Taïwan prochaine ?

Longtemps, les Américains ont été les seuls à disposer de telles technologies. Mais au fil des années, le développement militaire chinois exponentiel comble son retard. D'où ces interrogations croissantes sur les intentions du maître de Pékin, le président Xi Jinping

Pour le porte-parole du Pentagone, John Kirby, "ces capacités militaires avancées" sont "couplées à une politique étrangère et de défense qui utilise l'intimidation et la coercition de pays voisins pour défendre les intérêts de la Chine". 

Washington voit donc dans cette accélération soudaine une stratégie pour "contrer les États-Unis" dans la région indo-pacifique et faciliter une réintégration de Taïwan. Des images satellite montrant l'existence de "maquettes" de navires américains déployés au cours d'exercices en plein désert chinois vont dans ce sens. Les haut-gradés estiment désormais qu’il y a une forte probabilité pour une invasion chinoise de l'île, sous protection militaire américaine, d’ici 5 à 10 ans. 

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/