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Mali : ce que l'on sait du coup d'État qui a abouti à la démission du président

ÉCLAIRAGE - Les militaires annoncent ce mercredi 19 août la création d'un "comité d'un salut du peuple". Le président du Mali depuis 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, arrêté, a démissionné la veille.

Des militaires maliens arrivent au Square de la Libération à Bamaka (Mali) le 18 juillet 2020
Des militaires maliens arrivent au Square de la Libération à Bamaka (Mali) le 18 juillet 2020
Crédit : STRINGER / AFP
Mali : ce que l'on sait du coup d'État qui a abouti à la démission du président
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Mali : ce que l'on sait du coup d'État qui a abouti à la démission du président
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Lionel Gendron & Paul Turban & AFP

Les militaires annoncent ce mercredi 19 août au matin la création d'un comité national pour le salut du peuple. Cela intervient quelques heures après la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta, arrêté avec le Premier ministre Boubou Cissé, mardi soir. Tout s'est passé très vite, après une mutinerie dans la garnison militaire de Kati, près de Bamako.

Les soldats ont fraternisé avec des manifestants réclamant le départ d'Ibrahim Boubacar KeïtaL'ex-chef d'État ne voulait pas, a-t-il dit lors de sa démission, que le sang soit versé. En conséquence, il a annoncé cette nuit sa "décision de quitter [ses] fonctions" ainsi que "la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale".

Une conclusion rapide mais la rumeur d'un coup d'État était insistante depuis des mois. Une coalition hétéroclite d'opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile a multiplié les manifestations pour réclamer le départ d'Ibrahim Boubacar Keïta en raison de sa mauvaise gestion du pays. 

L'ex-président avait aussi froissé une partie de l'armée en pointant les échecs face aux jihadistes, un discours qui a sans doute précipité sa chute. Le porte-parole des militaires mutinés, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air, a assuré que les militaires voulaient assurer "une transition politique civile" qui devrait conduire à des élections générales dans un "délai raisonnable" qu'il n'a pas précisé.

La France aux aguets

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La France suit cela de très très prêt, alors qu'elle est engagée militairement dans le pays depuis 2013. Le président de la République Emmanuel Macron a exprimé mardi "son plein soutien" aux efforts de médiation en cours des États d'Afrique de l'Ouest. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira ce mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali, à la demande de la France et du Niger. 

L'opération Serval avait été déclenchée par François Hollande pour stopper l'avancée des jihadistes vers Bamako. Depuis, l'opération Barkhane essaie de contenir leur progression au Sahel. Plus de 5.000 militaires français sont déployés. 43 ont été tués. Il y a des accords de coopération et de formation. Ce coup d'État rajoute de l'incertitude à une situation déjà très complexe. 

Condamnation de la Cédéao

La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a très rapidement, dans un communiqué, condamné "avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du gouvernement démocratiquement élu du président Ibrahim Boubacar Keïta".

La Cédéao "dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel", déclare le communiqué. Elle "exige la libération immédiate" du président malien et "de tous les officiels arrêtés" et "suspend" le Mali de tous ses organes de décision "avec effet immédiat".

Elle "décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l'arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les (autres) pays membres de la Cédéao et le Mali". Enfin, la Cédéao "demande la mise en oeuvre immédiate d'un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leurs partenaires et collaborateurs". 

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