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"Les gens sont nerveux et préoccupés" : après la capture de Maduro, la "silence" et la "peur" à la frontière entre le Venezuela et la Colombie

Dans la ville de Cúcuta à la frontière entre les deux pays, les Vénézuéliens fuyant Caracas se montrent particulièrement méfiants et les Colombiens craignent de devenir la nouvelle cible de Donald Trump.

Des agents des services d'immigration contrôlent les voitures qui traversent la frontière entre la Colombie et le Venezuela à Cucuta, en Colombie, le 5 janvier 2026.

Crédit : Schneyder MENDOZA / AFP

RTL auprès de ces Vénézuéliens qui fuient leur pays

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Hermine Le Clech - édité par Gabriel Joly

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L'incertitude au Venezuela, alors que Nicolas Maduro a été présenté à un juge à New York, lundi 5 janvier. Le président vénézuélien capturé samedi par les forces spéciales américaines assure être innocent mais c'est toute la région qui se retrouve déstabilisée en Amérique latine.

À la frontière entre la Colombie et le Venezuela, dans la ville de Cúcuta, les journalistes y sont bloqués depuis deux jours mais les Vénézuéliens eux peuvent le pont d'une centaine mètre qui sépare les deux pays. Sur place, des hommes et des femmes évitent les questions des journalistes par peur de représailles.

"Si je vous parle, je vais finir en prison, je ne veux pas risquer ma vie", fait savoir un chauffeur de taxi vénézuélien, qui vient de passer le poste-frontière. Une posture qui témoigne de l'atmosphère tendue. 

Seuls ceux qui quittent le Venezuela pour une longue période osent prendre la parole, comme Luis. Ce trentenaire est parti de Caracas et décrit une capitale vidée de ses habitants. "Les gens ont très peur, ils sont nerveux et préoccupés. Une loi nous interdit de manifester sans être arrêté et être envoyé en prison donc on reste enfermés chez nous et on attend", dit-il.

Derrière lui, trois blindés de l'armée colombienne manœuvrent pour sécuriser la frontière, tandis que des agents du renseignements vénézuéliens scrutent les entrées et sorties du territoire.

Les Colombiens craignent de subir le même sort

Mais comment les Vénézuéliens perçoivent la capture de Nicolas Maduro ? Concrètement, c'est un sentiment très particulier. Toutes les personnes avec qui RTL a pu s'entretenir sont tiraillées entre espoirs et incertitudes.

"Évidemment, je suis contente parce que Maduro est parti. On veut un changement et on espère que Edmundo [Gonzalez Urrutia, le candidat officiellement battu à l’élection présidentielle de 2024] puisse rentrer au Vénézuela avec Maria Corina [Machado, la prix Nobel de la paix] parce que c'est ce que le peuple veut. Mais tout le monde reste silencieux, personne ne parle", témoigne Maria, en référence aux opposants du dirigeant déchu en exil à l'étranger.

Cette Franco-Vénézuélienne, qui a rendu visite à sa famille pour les fêtes et est parvenue à quitter le pays après six heures de route réclame l'organisation d'élections libres et indépendantes.

Mais les Vénézuéliens ne sont pas les seuls dans l'incertitude, alors que les Colombiens craignent également d'être de futurs cibles de Donald Trump. Et ce, surtout depuis que le président colombien s'est dit prêt à reprendre les armes pour défendre son pays. Un discours qui réveille les craintes de Miguel, 65 ans et vendeur d'empanadas à la frontière avec le Venezuela.

"Les Américains disent que notre président est le prochain sur la liste pour être arrêté… Il faut attendre mais les États-Unis sont capables de le faire, c'est une puissance mondiale. Comme citoyen, j'ai peur qu'il se passe la même chose qu'à Caracas ici", lance-t-il en regardant vers la frontière gardée par les blindés colombiens. Il craint que les groupes armés dans la région profite de la situation.

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