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Iran : le régime déclare "terroristes" les armées européennes en représailles aux mesures contre les Gardiens de la Révolution

Bras armé du régime de Téhéran, le corps des gardiens de la révolution islamique a été désigné comme "organisation terroriste" par l'Union européenne.

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Crédit : Shadati / XINHUA / Xinhua via AFP

AFP - édité par Marine Langlois

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L'Iran considère comme "groupes terroristes" les armées européennes, a déclaré dimanche 1er février le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, après la décision de l'Union européenne (UE) de désigner les Gardiens de la Révolution comme "organisation terroriste". 

"Conformément à l'article 7 de la loi sur les contre-mesures portant sur la désignation du Corps des Gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste, les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes", a déclaré au Parlement Bagher Ghalibaf, vêtu comme les députés d'un uniforme des Gardiens en signe de solidarité et de défiance.

"Mort à l'Amérique!", "Mort à Israël!", "Honte à l'Europe", ont scandé les élus dans l'hémicycle, jour du 47e anniversaire du retour d'exil en Iran de l'imam Khomeini, père fondateur de la République islamique.

Les "Pasdaran" ("gardiens" en persan), créés en 1979 par le guide suprême peu après la Révolution islamique, sont considérés comme l'armée idéologique du pouvoir. Extrêmement organisée, cette force contrôle des pans entiers de l'économie iranienne.

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Les conséquences immédiates de cette annonce, qui apparaît surtout symbolique, n'étaient pas claires dans l'immédiat. Cette loi avait été adoptée en 2019 en réaction à des mesures de Washington.

En prenant cette décision jeudi, l'Union européenne s'aligne sur la position des Etats-Unis, du Canada et de l'Australie, qui l'avaient déjà classé comme organisation terroriste respectivement en 2019, 2024 et 2025.

"Nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose"

Face à ces tensions diplomatiques et aux déclarations offensives des deux côtés, le climat est fébrile dans les rues de Téhéran. Firouzeh, une Iranienne de 43 ans, a dit à l'AFP être "très inquiète et effrayée". "Je regarde en permanence les infos (...) et il m'arrive de me réveiller en pleine nuit pour consulter les actualités", a ajouté cette femme au foyer qui préfère taire son patronyme.

Alors que les Etats-Unis ont déployé dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, l'Iran doit débuter dimanche un exercice naval dans le détroit d'Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux, que Téhéran a menacé de bloquer en cas d'attaque américaine.

Mais le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré samedi soir qu'une guerre n'était dans l'intérêt ni de l'Iran ni des Etats-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie. Et un autre haut responsable a fait état de "progrès" en vue de "négociations" avec Washington.

Donald Trump a lui affirmé que l'Iran conversait avec les Etats-Unis, sans toutefois donner de précisions. L'Iran "nous parle, et nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose", a dit le président américain à la chaîne Fox News.

6.713 morts dont 137 enfants

Parallèlement, les pays de la région mènent des tractations diplomatiques pour "ramener autour de la table" des négociations les Etats-Unis et l'Iran, selon le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui s'est entretenu samedi avec son homologue iranien. 

Le Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, s'est pour sa part rendu à Téhéran. À l'occasion d'une rencontre avec Ali Larijani, secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, le dirigeant qatari a "réaffirmé le soutien de son pays aux efforts visant à réduire les tensions et à trouver des solutions pacifiques assurant la sécurité et la stabilité de la région", selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères.

Sorti affaibli de la guerre de juin 2025 avec Israël et les Etats-Unis, le pouvoir iranien a étouffé début janvier les manifestations, initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en défi au pouvoir. 

Dans un bilan actualisé, l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis, dit avoir confirmé 6.713 morts dont 137 enfants. L'organisation enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires.

Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des "terroristes".

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