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Ils étaient partis faire le djihad en Syrie : six Français de l'État islamique jugés en Irak, au cœur d'un enjeu sécuritaire pour la France

Les procès de six Français jugés pour leur appartenance à l'État islamique s'ouvrent ce dimanche en Irak. Une affaire dans laquelle la France ne veut surtout pas voir ces prisonniers revenir sur son territoire, représentant une menace pour la sécurité nationale.

Le logo du quai d'Orsay le 19 juin 2025.

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

Les secrets de l'actu internationale du 19 septembre 2026

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Georges Malbrunot

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Une affaire dans laquelle l'Irak et la France se renvoient la balle. Six Français seront jugés en Irak à partir de ce dimanche 20 septembre pour leur appartenance à l'État islamique. Partis faire le djihad en Syrie contre Bachar Al-Assad il y a près d'une dizaine d'années, ces Français avaient été arrêtés puis emprisonnés par nos alliés kurdes dans le nord-est de la Syrie à la chute du califat de Daesh entre 2018 et 2019. 

Mais dans des prisons surpeuplées et peu sûres, les Kurdes avaient transféré 47 de ces détenus aux services de renseignement français, qui les avaient escortés en juillet 2025 avec leurs homologues irakiens à Bagdad, où ils sont détenus. 

Le sort de ces détenus a fait l'objet d'échanges entre Paris et Bagdad. La France avait notamment demandé aux Irakiens de garder les prisonniers, ce que Bagdad avait accepté, mais alors que la justice irakienne condamne généralement ce genre de prisonniers à mort, la France avait demandé à son allié de commuer cette peine en détention à perpétuité. L'Irak avait alors accepté, demandant toutefois à la France de payer le gîte et le couvert de ces prisonniers, ceux-ci coûtant cher à l'Irak. 

Des montages financiers opaques

Ce dialogue conduit depuis plusieurs années Paris et Bagdad à échafauder des montages financiers opaques, qu'on ne reconnaît bien sûr pas à Paris, dans le but d'éviter le retour des détenus pour des raisons à la fois de sécurité et de politique intérieure. Interrogé sur le sujet l'année dernière lors d'une visite en France, le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, avait habilement évité la question. 

Pour la France, la priorité est aujourd'hui de s'assurer que les prisonniers, en réalité des bi-nationaux franco-maghrébins dont l'identité n'a pas été révélée, soient détenus dans des prisons d'où ils ne pourront pas s'échapper. Loin des prisons dans lesquelles ils étaient détenus en Syrie, les prisonniers se trouvent cette fois dans de véritables centres pénitentiaires en Irak. 

Mais leurs avocats français redoutent tout de même une condamnation à mort lors des procès qui s'ouvriront ce dimanche, et regrettent de ne pas pouvoir les représenter, dénonçant l'opacité des procédures judiciaires, ainsi que la torture dont certains auraient été victimes pendant leurs interrogatoires.

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