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Guerre en Ukraine : les réfugiés d'origine africaine victimes de discriminations

La guerre en Ukraine a provoqué une grande vague de migration. Une vague qui est aujourd'hui révélatrice de racisme envers les réfugiés qui ne sont pas blancs.

Des réfugiés tentants de quitter l'Ukraine
Des réfugiés tentants de quitter l'Ukraine
Crédit : AFP
Philippine Rouvière Flamand

La guerre en Ukraine a provoqué une grande vague de migration. Les habitants quittent Kiev et le reste du pays par voies terrestres vers la Pologne, mais aussi la Slovaquie, la Hongrie, la Moldavie et la Roumanie, (pays frontaliers). 

Si les réfugiés blancs sont accueillis avec empathie, ce n'est pas toujours le cas des autres et notamment des personnes d'origine africaine. Lundi 28 février, l'Union Africaine (UA) a réagi officiellement. Elle s'est dite "particulièrement préoccupée par les informations rapportées selon lesquelles les citoyens Africains (…) se verraient refuser le droit de traverser la frontière pour se mettre en sécurité". 

Macky Sall, président du Sénégal et de l'UA, ainsi que Moussa Faki, président de la Commission de l'UA, rappellent que "toute personne a le droit de franchir les frontières pendant un conflit et devrait bénéficier des mêmes droits quelle que soit sa nationalité ou son identité raciale".

Sur les réseaux sociaux, des images et des témoignages circulent. Des dizaines d'Africains seraient bloqués, notamment à la frontière avec la Pologne, alors que les autres seraient autorisés à passer. Des personnes auraient même été sorties de force de trains ou de bus censés les emmener vers d'autres pays, pour les remplacer par des personnes blanches. 

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Les tweets de "Nze" un Nigérien habitant à Kiev, retracent le calvaire qu'il traverse pour fuir l'Ukraine. Le jeune homme a passé trois jours dans le froid avant de pouvoir rejoindre Varsovie lundi. Il raconte en détails les discriminations dont il a été témoin mais aussi victime. "Ils nous insultent au hasard en russe en pensant que nous ne comprenons pas, jusqu'à ce que l'un d'entre nous pointe la caméra sur eux et leur demande de répéter. (…) Ils nous ont moins insulté après avoir réalisé que la majorité d'entre nous avait des connaissances de base en russe et en ukrainien", explique-t-il.

Il est primordial que tout le monde soit traité avec dignité et sans faveur

Le porte-parole de la présidence nigériane Garba Shehu.

Le Nigeria avait déjà dénoncé des comportements racistes à l'égard de ses citoyens : "Il est primordial que tout le monde soit traité avec dignité et sans faveur", a indiqué le porte-parole de la présidence nigériane, Garba Shehu. "Dans une vidéo qui circule largement sur les réseaux sociaux, une mère nigériane avec son jeune bébé a été filmée en train d'être forcée physiquement de céder son siège à une autre personne", a-t-il poursuivi dans un communiqué. 

Le ministère nigérian des affaires étrangères rapporte que plus de 250 de ses ressortissants sont parvenus à rejoindre leur ambassade dans les pays voisins. D'après les médias locaux, plus de 5.000 étudiants nigérians seraient encore en Ukraine.

La présidence qualifie de "regrettable" le traitement différent que subissent ses ressortissants, bien qu'elle n'emploie pas le mot "racisme". "Tous ceux qui fuient le conflit ont le même droit de passer en sécurité. La couleur de leur passeport, la couleur de leur peau ne font pas de différence", indique Abuja, la capitale.

La frontière la plus difficile à traverser étant celle de la Pologne, le Nigeria recommande de se rendre de préférence en Hongrie ou en Roumanie, où la situation serait plus calme.

La Pologne réfute ces accusations

L'ambassadrice de Pologne au Nigeria, Joanna Tarnawska, a rejeté les accusations de racisme. 

"Tout le monde reçoit un traitement égal. Je peux vous assurer que, selon les informations dont je dispose, certains ressortissants nigérians ont déjà franchi la frontière avec la Pologne", a-t-elle déclaré à des médias locaux. Selon elle, les documents d'identité invalides sont acceptés pour franchir la frontière et les restrictions liées au Covid-19 ont été levées. Les Nigérians disposent d'un délai de 15 jours pour ensuite quitter le pays, a-t-elle ajouté. 

De son côté, la Côte d'Ivoire a mis sur pied deux cellules de crise pour faire évacuer ses 500 ressortissants en Ukraine : la première au ministère des Affaires étrangères à Abidjan et la seconde à son ambassade en Allemagne. Philippe Mangou, ambassadeur en poste à Berlin dont la charge diplomatique s'étend à la Pologne, a décidé de se rendre à la frontière entre l'Ukraine et la Pologne pour favoriser l'évacuation.  

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