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Le robot conversationnel Grok a été lancé sur X par Elon Musk fin 2023 pour proposer une version moins "woke" que ChatGPT
Crédit : AFP
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Une nouvelle polémique secoue le monde des technologies et des réseaux sociaux. Grok, l'intelligence artificielle conversationnelle développée par xAI et popularisé sur la plateforme X d'Elon Musk, est au cœur d'un scandale grandissant. En effet, depuis quelque temps, des utilisateurs exploitent le système pour générer des images de femmes dénudées ou en petites tenues sans leur consentement, notamment des mineures.
Conçue à l'origine comme un outil de conversation et d'aide à la création de contenu, cette nouvelle IA a été détournée par certains membres de X, ex-Twitter. En répondant à une simple photo publiée par un utilisateur sur le réseau avec des requêtes du style "mets-la en bikini" ou "enlève-lui ses vêtements", des internautes obtiennent instantanément des images modifiées montrant la personne dans la tenue souhaitée.
Ce phénomène, déjà évoqué cet été aux États-Unis et qui semble prendre e plus en plus de place en Europe et en France, interpelle par sa facilité d'exécution mais aussi par la visibilité des résultats. Les images générées apparaissent en effet directement dans les fils de discussion ou dans la galerie médiatique de Grok, accessibles à tous les utilisateurs.
Face à ces dérives, une question se pose : comment faire pour se protéger et protéger ses contenus ? Il est d'abord possible de signaler ces contenus sur la plateforme, en vertu d'un "contenu illégal en Europe", en précisant que les raisons sont liées à des contenus "postés sans votre consentement et contre les femmes".
Sur le plan juridique, le droit français encadre désormais strictement l'utilisation de l'image d'autrui pour éviter précisément des abus comme ceux observés avec Grok sur X. Depuis mai 2024, l'article 226-8-1 du Code pénal a été ajouté pour répondre aux dérives liées aux contenus manipulés par l'intelligence artificielle ou par montage reproduisant l'image ou la voix d'une personne sans son consentement, surtout lorsqu'ils présentent un caractère sexuel.
Selon ce texte, est "est puni de deux ans d’emprisonnement et de 60.000 euros d’amende le fait de porter à la connaissance du public ou d’un tiers, par quelque voie que ce soit, un montage à caractère sexuel réalisé avec les paroles ou l’image d’une personne, sans son consentement" et "est assimilé à la même infraction tout contenu visuel ou sonore à caractère sexuel généré par traitement algorithmique reproduisant l’image ou les paroles d’une personne, sans son consentement".
Lorsque de tels contenus sont diffusés via un service de communication public en ligne, les peines peuvent être portées à trois ans d’emprisonnement et 75 000.euros d’amende.
Ce vendredi 1er janvier 2026, l'ancienne ministre de l'Enfance, de la Jeunesse et des Familles, Sarah El Haïry, s'est dite "scandalisée par les requêtes adressées à #GrokAI de dénuder des filles et femmes". Pour la nouvelle Haute-Commissaire à l'Enfance, "si l’image est artificielle, le préjudice est bien réel".
Le député socialiste du Calvados, Arthur Delaporte, a, quant à lui, apporté son soutien à Marie Coquille-Chambel, une doctorante victime, elle aussi, d'un détournement après un post le 31 décembre. "Vous êtes tarés", a lancé la chroniqueuse après la découverte des premières images d'elle dénudée publiées sur X.
"Le partage de ce type de contenus, déjà illégal, est du cyberharcèlement.
Dans notre rapport nous préconisons d’interdire ces fonctions", insiste le porte-parole du Parti socialiste.
Il n'est toutefois pas possible à ce stade d'empêcher ces manipulations. Pour ne pas se retrouver dans un montage réalisé par IA, certains internautes - souvent eux-mêmes victimes - conseillent aux autres utilisateurs de la plateforme de ne plus publier de photos et de vidéos d'eux. Selon eux, la mise à disposition volontaire de sa propre image facilite son exploitation par des IA automatisées. Une façon de limiter les risques d'être victime à son tour d'un détournement d'image.
Ce type de conseils souligne, malgré tout, l'inquiétude croissante autour de la protection du droit à l'image à l'ère des intelligences artificielles. Pour l’instant, ni Elon Musk ni xAI n’ont publié de mesure drastique, mais la pression croissante des autorités, des associations et du public pourrait forcer des changements significatifs dans la façon dont ces outils sont déployés et modérés.
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