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Flynn gracié par Trump : un marché pour éviter des révélations embarrassantes ?

L'actuel président américain a gracié Michael Flynn, son premier conseiller à la sécurité nationale. Ce dernier était impliqué dans l’affaire russe.

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Flynn gracié par Trump : un marché pour éviter des révélations embarrassantes ? Crédit Image : MANDEL NGAN / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Lionel Gendron édité par Louis Chahuneau

Donald Trump a utilisé la grâce présidentielle mercredi 25 novembre. Et ce dispositif risque d’être un temps fort de sa fin de présidence. 


L'actuel président américain a gracié Michael Flynn, son premier conseiller à la sécurité nationale. Ce dernier était impliqué dans l’affaire russe. La Russie est soupçonnée d’avoir interféré dans le scrutin de 2016 pour faire perdre Hillary Clinton. La justice voulait savoir si c’était avec l’aide de l’équipe de campagne de Donald Trump.

Michael Flynn avait reconnu avoir menti au FBI. Il avait caché une rencontre avec l’ambassadeur russe à Washington. Il avait donc été condamné pour parjure. Donald Trump lui a offert ce que l’on appelle une "grâce complète", c’est-à-dire qu'une autre administration ne pourra pas rouvrir le dossier.


Les démocrates posent cette question : est-ce un marché ? Un gros service pour éviter que Michael Flynn ne révèle des secrets embarrassants sur Donald Trump ? On a récemment vu Michael Flynn prêter allégeance à QAnon dans une vidéo. QAnon, ce réseau conspirationniste qui prend de l’ampleur, selon lequel les démocrates veulent prendre le contrôle du monde avec l’aide d’Hollywood, de Satan, et de milliardaires comme Bill Gates.

Un dispositif garanti par la Constitution

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La Constitution américaine donne le pouvoir de grâce au président américain. À l’origine, c’était pour faire preuve de miséricorde et de servir le bien public : soit il pardonne (il efface une condamnation), soit il commue (totalement ou partiellement). En revanche la condamnation n'est pas supprimée. Il faut que ce soit un crime fédéral.


Donald Trump n’est pas le premier à l’utiliser, loin de là. Bill Clinton avait ainsi gracié un donateur du parti démocrate poursuivi pour évasion fiscale, quelques heures avant de quitter la Maison Blanche, un acte qui avait fait scandale.

Mais c'est Barack Obama qui détient le record : 212 condamnés graciés et près de 1.400 peines de prison réduites : surtout des délinquants pour des problèmes de drogue. Quant à Donald Trump, il a fait usage de la grâce 45 fois. Huit fois sur dix, il s’agissait de personnes qui avaient un lien avec lui.

Paul Manafort et Steve Bannon bientôt graciés ?

Il est fort possible que d’autres en profitent d’ici à la fin de son mandat, le 20 janvier prochain. Par exemple, Paul Manafort, son ancien chef de campagne. Il est condamné à sept ans de prison pour conspiration contre les États-Unis, toujours dans l’affaire russe.

Ou encore, le sulfureux Steve Bannon, son ancien conseiller, figure de la droite radicale et inculpé pour détournement de fonds.

En 2018, Trump avait tweeté : "J’ai le droit absolu de me PARDONNER moi-même, mais pourquoi le ferais-je car je n’ai rien fait de mal ?". À moins de deux mois de la fin de son mandat, Trump est-il toujours du même avis ? Il y a un flou juridique pour savoir si un président peut "s’auto-pardonner".


De toutes façons, une grâce ne le protègerait pas des poursuites du procureur de New-York (sur le financement de sa campagne électorale). Il ne peut pas avoir de prise sur la justice des États.

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