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Faut-il s'inquiéter pour Apple ?

Pour la première fois en quinze ans, Apple a revu ses résultats à la baisse pour la fin d'année. La faute notamment à des ventes d'iPhone moins bonnes que prévu à Noël. Faut-il s'inquiéter pour Apple ?

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Faut-il s'inquiéter pour Apple ? Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Benjamin Hue
Journaliste RTL

La pomme avait un goût acide sur les marchés financiers ce jeudi. Apple a annoncé mercredi 2 janvier que ses résultats financiers avaient été moins bons que prévu au premier trimestre fiscal. Dans une lettre aux investisseurs publiée avant la clôture de la Bourse, Tim Cook, son patron, a dit s’attendre à un chiffre d’affaires de 84 milliards de dollars au lieu des 91 milliards prévus par les analystes pour la période s’étalant de septembre à décembre, un trimestre crucial qui englobe les fêtes de fin d’année traditionnellement faste pour l’entreprise. L'an dernier à la même époque, le groupe enregistrait 88 milliards de dollars de revenus.

Pour justifier cette révision à la baisse, Tim Cook a mis en avant le ralentissement de la croissance en Chine, la montée des tensions commerciales avec les États-Unis, le renforcement du dollar et l’allongement du cycle de remplacement de l’iPhone. "Nous nous attendions à une faiblesse économique dans plusieurs marchés émergents. Cela a eu bien plus d'impact que ce que nous avions prévu", a indiqué le dirigeant, soulignant que l'essentiel de la baisse est imputable aux ventes d'iPhone, de Mac et d'iPad en Chine.

L’émission d’un avertissement sur résultats, ou "profit warning" dans le jargon financier, est un événement très rare pour le groupe informatique américain. Une première depuis plus de quinze ans. Il faut remonter à 2002 pour trouver la trace d’un précédent. Cinq ans avant la sortie de l’iPhone, son futur produit vedette. Le groupe maintenait alors ses ventes grâce à l’iPod et au Macintosh.

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Ce mauvais présage a été sévèrement sanctionné sur les marchés financiers. L’annonce a fait perdre 8% au titre dans les échanges après la clôture de la Bourse. L’action Apple a atteint son plus bas niveau depuis fin avril 2017. Le titre avait déjà perdu un tiers de sa valeur en deux mois, avec la décision de ne plus communiquer les volumes d’iPhone écoulés chaque trimestre (interprétée comme une volonté de masquer des chiffres décevants) et les estimations pessimistes des analystes et des fournisseurs.

Zone de turbulences

Dépassé par Microsoft, Amazon et Google à Wall Street, Apple traverse une zone de turbulences inédite. Depuis la fin d’année 2016 et la première baisse de son chiffre d’affaires, le groupe informatique avait toujours dissipé les inquiétudes autour de la baisse des ventes d'iPhone, produit qui représente toujours deux tiers de son chiffre d'affaires. Sa politique de hausse de prix avait permis à chaque fois d’engranger des profits records malgré la saturation du marché. 

Cette fois, le stratagème n’a pas fait mouche. Les iPhone n'ont pas été aussi nombreux qu'espéré sous les sapins à Noël. Et pas seulement en Chine. Les renouvellements d'iPhone ont été moins fréquents dans les pays occidentaux. Parmi les raisons invoquées, le programme de remplacement des batteries des anciens iPhone, passé de 89 à 29 euros. Les consommateurs ont préféré donner une seconde jeunesse à leur appareil plutôt que d'investir dans un nouveau téléphone.

Même si Tim Cook ne l'évoque pas dans sa lettre aux actionnaires, ce tassement des ventes a peut-être aussi été favorisé par la hausse des prix de l'iPhone. La marque a lancé fin septembre le modèle le plus cher de son histoire (l'iPhone XS Max, vendu jusqu’à 1.659 euros en France) sans apporter d'innovation majeure par rapport à la génération précédente. Et les ventes de l'iPhone Xr, plus abordable, auraient souffert de son lancement décalé et de la concurrence de l'iPhone 8 toujours très performant pour 200 euros de moins.

Des sources d'optimisme

La position d'Apple devient donc délicate dans un marché de plus en plus concurrentiel où des marques comme Huawei, OnePlus et Xiaomi proposent des smartphones de plus en plus performants à des tarifs très agressifs. Le fabricant californien va devoir trouver une solution à sa dépendance à l'iPhone. Elle pourrait passer par les services (App Store, iTunes, Apple Music, iCloud et Apple Pay en attendant la télévision), dont les ventes ont généré plus de 10 milliards de dollars de revenus au premier trimestre. Un montant qu'Apple espère porter à 50 milliards pour l'ensemble de l'année 2020.

Parmi les sources d'optimisme, Tim Cook a aussi souligné l'augmentation de plus de 100 millions d'unités de la base installée d'appareils actifs Apple lors des douze derniers mois et la bonne santé de la division "Wearables", comprenant l'Apple Watch et l'Apple TV. Le patron d'Apple a aussi évoqué la montée en puissance des programmes de reprise des anciens iPhone et de paiement différés permettant aux clients d'acquérir plus facilement les derniers modèles.

Enfin, Apple reste une entreprise en forme, dont la perte de vitesse est à relativiser. Même en recul, le groupe réaliserait un chiffre d'affaires de 84 milliards de dollars, moins bien qu'en 2018, où il avait engrangé 88 milliards, mais bien mieux qu'en 2017, où il avait enregistré 78 milliards. Et la marque à la pomme dispose toujours dans ses caisses d'une trésorerie sans équivalent de 237 milliards de dollars qui peut lui permettre d'envisager des acquisitions importantes pour soutenir sa croissance.

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