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"Un risque de préjudice irréparable" : une enfant de 2 ans détenue plusieurs heures par ICE, la police de l'immigration aux États-Unis

Alors qu'elle fait l'objet de nombreuses critiques, la police de l'immigration a arrêté un père et sa fille de deux ans à Minneapolis jeudi 22 janvier. Ils ont été emmené au Texas avant que la fillette soit rendue à sa mère.

Une affiche contre l'ICE à Minneapolis, le 23 janvier 2026.

Crédit : ROBERTO SCHMIDT / AFP

Marine Langlois & AFP

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Une horreur "inimaginable". Une jeune enfant de 2 ans a été détenue par l'ICE, la police de l'immigration, aux États-Unis pendant plusieurs heures jeudi 22 janvier, relate le Guardian. Elle a été arrêtée avec son père à Minneapolis vers 13 heures puis mise dans un avion pour un centre de détention au Texas. 

Lors de l'arrestation devant chez eux, les agents d'ICE ont refusé que le père amène sa fille à sa mère, qui attendait sur le pas de la porte, d'après une avocate de la famille citée par le journal anglais. En fin de journée, vers 20 heures, un juge fédéral du Minnesota a interdit le transfert du père et de sa fille en dehors du Minnesota puis a demandé la libération de la fillette en raison du "risque de préjudice irréparable". 

Mais quelques minutes plus tard, vers 20h30, le duo était dans un avion direction le Texas. Ils sont depuis de retour au Minnesota, a précisé une avocate de la famille au Guardian. La fillette de 2 ans a été remise à sa mère alors que son père, un homme originaire de l'Équateur qui a une demande d'asile en cours, est toujours en détention dans le Minnesota. 

Le gouvernement se défend

Dans un communiqué, un représentant du département de la Sécurité intérieure (DHS) a indiqué que le père de la fillette a été identifié jeudi lors d'une "opération", l'appelant un "immigrant illégal" et assurant qu'il était en train de "conduire dangereusement avec un enfant". Le DHS affirme que les agents de l'ICE ont "essayé de donner l'enfant à la mère qui a refusé", ce qui a été dénoncé comme "faux" par les avocats de la famille. "Il est impossible de connaître l'impact à long terme que cela aura sur ce petit enfant", ont ajouté les avocats au Guardian. 

À écouter aussi

Un cas similaire a provoqué une vague d'indignation, toujours dans le Minnesota, avec la détention d'un enfant de 5 ans. Deux versions s'opposent sur les circonstances qui ont mené à la détention du petit Liam Ramos, qu'une photo, largement reprise par les médias et les réseaux sociaux, montre apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir. 

"Nous ne visions pas l'enfant", a insisté l'un des dirigeants de la police de l'immigration, Marcos Charles, lors d'une conférence de presse vendredi.  Le vice-président américain JD Vance, en visite la veille dans la plus grande ville de l'Etat, Minneapolis, a affirmé que le garçonnet avait été pris en charge par ICE devant son domicile mardi après que son père, présenté comme un immigrant clandestin, eut pris la fuite pour ne pas être appréhendé. 

Une situation tendue depuis début janvier

Zena Stenvik, dirigeante du district scolaire fréquenté par l'enfant a, au contraire, allégué mercredi que le garçon avait été contraint de servir "d'appât" et de frapper à la porte de son domicile pour inciter les personnes s'y trouvant à sortir. Autre élément de controverse, Marcos Charles dit que ses hommes ont "fait tout leur possible pour le réunir avec sa famille" mais que celle-ci a refusé de lui ouvrir. Zena Stenvik assure elle qu'"un autre adulte vivant dans la maison (...) a supplié les agents de le laisser s'occuper du jeune enfant, mais sa demande a été refusée". 

Les agents d'ICE "ont emmené (Liam Ramos) manger dans un restaurant et ont passé des heures à s'assurer qu'il ne manquait de rien", a ajouté Marcos Charles, précisant que le garçonnet et son père avaient été réunis dans un "centre résidentiel familial en attendant l'issue de leur procédure d'immigration", sans en donner le lieu. D'après les médias américains, ils seraient au Texas. "Mon équipe et moi-même faisons tout notre possible pour le localiser, vérifier qu'il est en sécurité et exiger sa libération", a dit un élu démocrate de cet Etat, Joaquin Castro, sur X jeudi

Ces incidents aggravent une situation déjà tendue par la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée par un agent d'ICE le 7 janvier lors de ces opérations anti-immigration. 

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