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États-Unis : la Chambre des représentants approuve l'enquête en destitution de Trump

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a adopté cette résolution par 232 voix favorables contre 196 voix, les élus se conformant largement aux consignes de leur parti.

La Chambre des représentants, aux États-Unis. (Illustration)
La Chambre des représentants, aux États-Unis. (Illustration) Crédit : SAUL LOEB / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Coup dur pour le camp républicain. La procédure de destitution menaçant Donald Trump est montée en puissance, jeudi 31 octobre, après un vote crucial au Congrès, qui ouvre une nouvelle étape publique dans l'enquête sur l'affaire ukrainienne.

"La plus grande chasse aux sorcières de l'Histoire américaine", a dénoncé le président républicain sur Twitter juste après le vote. "C'est notre démocratie qui est en jeu", a affirmé dans l'hémicycle la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Plus de vingt ans après le dernier vote ayant ouvert une telle procédure contre Bill Clinton, la Chambre, à majorité démocrate, a adopté une résolution donnant un cadre formel aux investigations par 232 voix favorables contre 196 voix. Les élus se sont donc très largement conformés aux consignes de leurs partis.

"C'est inique, anticonstitutionnel et fondamentalement anti-américain"

"Aujourd'hui, la Chambre avance encore en établissant les procédures pour des auditions publiques", afin que les Américains "puissent se faire leur propre idée sur les faits", a ajouté Mme Pelosi sur un ton solennel. "C'est inique, anticonstitutionnel et fondamentalement anti-américain", a réagi la Maison-Blanche. Les élus républicains ont dénoncé une "mascarade" visant à piétiner le résultat de l'élection de 2016.

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Le 24 septembre, Nancy Pelosi avait décidé d'engager son parti sur la voie périlleuse de l'"impeachment" - mise en accusation du président - après des révélations sur un appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au cœur de l'été. Lors de cet échange, le président républicain avait demandé à son interlocuteur de "se pencher" sur son rival démocrate Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Les démocrates l'accusent d'avoir abusé de son pouvoir à des fins personnelles, Joe Biden étant bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. Affirmant être visé par un "coup d'État", l'homme d'affaires martèle que cet appel était "irréprochable".

Auditions à huis clos

Les démocrates ont déjà entendu une douzaine de diplomates et conseillers de la Maison-Blanche à huis clos. Selon les éléments qui ont fuité, des ambassadeurs et des hauts responsables ont livré des témoignages parfois accablants pour la Maison-Blanche. Ils ont notamment révélé les efforts déployés pendant des mois par des proches du président, dont son avocat personnel Rudy Giuliani, en marge des canaux de la diplomatie officielle, pour convaincre Kiev de fournir des informations embarrassantes sur Joe Biden.

Un conseiller à la Maison-Blanche spécialiste de la Russie, Tim Morrison, était à son tour entendu jeudi. Il aurait été témoin des pressions exercées par Donald Trump sur Kiev, en mettant une importante aide militaire américaine dans la balance, selon d'autres personnes auditionnées. M. Morrison a démissionné à la veille de cette audition. Il travaillait avec l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui a été appelé à témoigner à son tour le 7 novembre, mais pourrait refuser de le faire.

Le président et son entourage ont vivement critiqué le secret de ces auditions. Ils leur ont aussi reproché de violer les droits de Donald Trump à se défendre et d'avancer sans avoir jamais procédé à un vote. La résolution approuvée jeudi vise à les priver de cette ligne de défense. Outre l'organisation d'auditions publiques, elle autorise désormais les républicains à convoquer leurs propres témoins, lors de la phase d'enquête supervisée par la commission du Renseignement.

"Arnaque"

Le texte prévoit ensuite le transfert des preuves à la commission judiciaire qui sera chargée de rédiger les articles de mise en accusation du président. À ce stade, "la participation du président et de ses avocats sera autorisée". La défense de Donald Trump pourra ainsi demander de nouveaux témoignages et des documents, procéder à des contre-interrogatoires et soumettre des objections. Mais, si le président refuse de coopérer aux requêtes du Congrès, ses demandes pourront être refusées.

Pour cette raison, la Maison-Blanche crie à "l'arnaque". "Les règles sont justes", a rétorqué Nancy Pelosi jeudi. La Constitution américaine ne donne que les grandes lignes pour destituer un président: à la Chambre des représentants revient le soin de le mettre en accusation, au Sénat de le juger. Compte-tenu de la majorité républicaine à cette chambre haute qui aura le mot final, une destitution paraît peu probable.

Sur un autre front, un juge fédéral de Washington examinera jeudi après-midi la requête d'un témoin convoqué à la Chambre, qui se dit tiraillé entre le Congrès et la Maison-Blanche. Celle-ci a en effet ordonné aux membres de l'administration de ne pas coopérer à l'enquête. La décision de la justice sera lourde de conséquences pour la suite de l'enquête.

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