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États-Unis : comment Joe Biden s'attaque à la peine de mort

Le président américain pourrait demander au ministère de la Justice d'arrêter la programmation de nouvelles exécutions. Avant une abolition au niveau fédéral ?

Joe Biden, le 4 février 2021
Joe Biden, le 4 février 2021
Crédit : SAUL LOEB / AFP
États-Unis : Joe Biden s'attaque timidement à la peine de mort
03:56
Carrie Nooten

Joe Biden est le premier président en exercice à s'être exprimé en public contre la peine de mort, une sentence encore en vigueur outre-Atlantique. À peine installé à la Maison-Blanche, le démocrate aurait discuté de la possibilité de demander au ministère de la Justice d'arrêter la programmation de nouvelles exécutions

Cette information demeure confidentielle, et aucune annonce officielle n'est prévue - la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, l'a assuré. Si cette mesure venait à se confirmer, elle poussera certainement les partisans de l'abolition de la peine de mort à lever la pression qu'ils exercent sur Joe Biden. Mais ils voudront rapidement que le président américain aille plus loin en fermant par exemple les couloirs de la mort qui appartiennent au gouvernement fédéral, situés à Terre Haute, dans l’Indiana. Et pourquoi pas, qu'il supprime carrément la peine de mort des lois américaines.

La position du 46e président américain tranche avec celle de son prédécesseur. Durant tout son mandat, Donald Trump a été un fervent partisan de la peine capitale, et tout s’est intensifié ces six derniers mois. 13 personnes ont ainsi été exécutées par la justice fédérale - du jamais vu en 120 ans. L’ancien Président a même semblé hâter les exécutions au fur et à mesure qu’arrivait son départ de la Maison Blanche. La dernière exécution a eu lieu seulement quatre jours avant que Joe Biden ne soit investi président. Les Américains sont donc très sensibilisés à la question. 

Une décision clivante

Une situation a particulièrement choqué les Américains : ce sont des prisonniers souffrant de maladies mentales qui ont été exécutés. Cela paraît donc naturel que Joe Biden veuille renouer avec la pratique de l’ère Obama - ce dernier avait interdit officieusement les exécutions à partir de 2014. Mais il n’a pas osé aller jusqu’au bout, ce qui a permis à Donald Trump de faire exécuter les sentences. 

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Joe Biden pourrait cependant s'attirer les foudres de nombreux républicains, favorables à la peine capitale. Et même certains membres de son propre camp pourraient lui en vouloir, estimant qu'il s'agirait d'un suicide politique. Sans compter que cette décision conduirait à épargner certains criminels controversés, tels que Dylann Roof, un suprémaciste blanc qui a tué neuf paroissiens noirs qui fréquentaient une petite église de Caroline du Sud. Il pourrait être compliqué pour Joe Biden d'expliquer aux familles des victimes pourquoi l’assassin des membres de leurs proches ne doit pas mourir. 

Vers une abolition de la peine de mort au niveau fédéral ?

Les partisans de la peine de mort déclinent - ils ne représentent plus que la moitié des Américains. Mais ils sont encore nombreux à vouloir conserver la possibilité de condamner à mort les auteurs d’attaques terroristes - l’auteur des bombes au marathon de Boston d’ailleurs, a été reconnu coupable, et condamné à mort par son jury. Une autre cour a commué la peine - mais l’administration Trump a fait appel. L’administration Biden devra bientôt décider si elle poursuit cet appel, ou si elle accepte ce changement de sentence. 

L'abolition de la peine capitale au niveau fédéral est en tout cas une promesse de campagne du candidat Biden. Il n'a cependant pas donné beaucoup de détails, restant très factuel. On peut supposer qu’il se sent quelque peu coupable et pourrait vraiment détricoter les lois autour de la peine de mort - auxquelles il a pourtant contribué en tant que sénateur. En 1994, c’est lui qui avait proposé d’élargir la gamme des crimes fédéraux punis par la peine capitale. Les partisans de la suppression de la peine de mort savent qu’il a un talon d’Achille et ils risquent de ne pas le lâcher tant qu’ils n'auront pas obtenu de garantie. 

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