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Elle est la figure de l'opposition et prône des élections libres : ce que signifie le retour de la candidate exilée Maria Corina Machado pour le Venezuela

La cheffe de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, est arrivée à Caracas dimanche 25 octobre après un an d'exil. Cette figure politique de la démocratie au Venezuela prône des élections libres, l'opposition revendiquant la victoire à la présidentielle de 2024 lors de laquelle le président Maduro avait été réélu.

L'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado lors de son arrivée à Caracas après un an d'exil le 25 octobre 2026.

Crédit : Federico PARRA / AFP

Laurène Rocheteau & AFP

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Un nouvel espoir pour la démocratie ? La cheffe de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, est revenue dans son pays ce dimanche 25 octobre après un an d'exil. L'opposante, lauréate du prix Nobel de la paix 2025, avait quitté le Venezuela après avoir vécu de longs mois en toute clandestinité dans le sillage de la vague de répression qui avait suivi la réélection controversée du président Nicolás Maduro en 2024. 

Un retour qui apparaît comme un défi pour la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, en place depuis la capture de Nicolás Maduro lors d'une opération américaine d'envergure en début d'année. Le retour de Maria Corina Machado renforce la pression sur le pouvoir intérimaire pour l'organisation d'élections, l'opposition estimant avoir remporté le précédent scrutin. 

La présidence, qui gouverne sous la forte pression des États-Unis pour le dialogue, a assuré que des élections seraient organisées, mais à ce jour aucune date précise n'a été arrêtée.

Elle prône des élections libres au Venezuela

Elle incarne le futur de la démocratie pour de nombreux Vénézuéliens. Surnommée la "libératrice" (en référence au "libertador" de l'Amérique latine, Simon Bolivar) Maria Corina Machado est devenue la personnalité politique la plus populaire du Venezuela en incarnant l'âme de l'opposition dès le début de son parcours politique en 2002, lorsqu'elle avait créé l'association Sumate ("Rejoins-nous") et réclamé un référendum pour révoquer le président Hugo Chavez. 

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Sa ligne politique promet "le changement" et des élections libres au Venezuela. Elle prône également une économie de marché, et avait ainsi proposé la privatisation du géant public pétrolier Petroleos de Venezuela, principale source de revenus du pays mais dont la production s'est effondrée en raison de la mauvaise gestion et de la corruption. Malgré son exil au cours de l'année passée, elle a toujours gardé un oeil sur son pays et a critiqué le récent accord pétrolier avec les États-Unis par la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, qu'elle accuse d'être à la tête d'un "régime illégitime". 

Lors des primaires de l'opposition en 2023, Maria Corina Machado avait en effet recueilli plus de 90% des voix, mais avait été déclarée inéligible par le pouvoir sous Nicolás Maduro. Elle avait alors soutenu la campagne du candidat d'opposition à la présidentielle Edmundo Gonzalez Urrutia, ambassadeur peu connu, qui avait accepté de la remplacer au pied levé. 

Depuis, le parti de Maria Corina Machado a exigé la levée de cette inéligibilité, d'autant qu'une magistrate du Tribunal suprême a avoué avoir été contrainte de signer l'inéligibilité de la cheffe de l'opposition, ses frères militaires et sa belle-soeur ayant été arrêtés. 

Un nouvel espoir après un an d'exil

L'opposition et son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia avaient revendiqué la victoire à la présidentielle vénézuélienne de 2024, qui avait pourtant vu la réélection de Nicolás Maduro. Maria Corina Machado avait alors elle-même appelé ses partisans à recueillir les procès-verbaux de chaque bureau de vote, pour "prouver" la victoire de l'opposition. Mais Nicolás Maduro avait proclamé vainqueur par une autorité électorale considérée comme étant aux ordres du pouvoir, sans que les résultats complets du scrutin soient publiés.

Il s'en était alors suivi une vague de répression post-électorale qui a fait 28 morts et plus de 2.400 arrestations, dont des dizaines de collaborateurs de l'opposante. Son allié, Edmundo Gonzalez Urrutia, était lui aussi exilé, tandis que la cheffe de l'opposition a elle-même vécu au Panama après un bref séjour aux États-Unis, étant considérée comme fugitive après avoir quitté le Venezuela pour recevoir son prix Nobel. Plusieurs observateurs affirment que le retour de Maria Corina Machado s'était heurté à un veto américain, information que dément toutefois Washington. Maria Corina Machado aurait tenté de retourner dans son pays à sept reprises, selon son parti Vente Venezuela. 

De nombreux dirigeants du parti sont eux-mêmes revenus d'exil, soulignant un nouvel espoir pour la tenue d'élections démocratiques au Venezuela. "Aujourd'hui est un jour très important pour les Vénézuéliens", écrivait ce dimanche Edmundo Gonzalez Urrutia dans un message posté sur X, tandis que l'opposante déclarait elle-même que "Le Venezuela est en train de donner une leçon au monde entier". 

Sur son passage lors de son arrivée à Caracas, des partisans de Maria Corina Machado sont venus l'acclamer, scandant leurs demandes d'"élections, plus de dialogue, des élections tout de suite". 

Les États-Unis supervisent le dialogue

La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, avait assuré après sa prise de fonction que des élections auraient lieu, sans toutefois donner de date précise. Mais les Vénézuéliens en ont assez d'attendre : jeudi 22 octobre, des milliers d'entre eux avaient manifesté dans plusieurs villes du pays pour exiger la tenue d'une élection présidentielle en 2027.

De leur côté, les États-Unis, qui avaient procédé à la capture de Nicolás Maduro dans une opération d'envergure qui avait surpris le monde entier en janvier dernier, sont impliqués dans les discussions pour assurer la tenue du processus démocratique au Venezuela. Selon le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, le retour de Maria Corina Machado est le "résultat direct" du processus de "réconciliation" supervisé par Washington : "Nous  nous attendons à ce que tous les acteurs politiques soutiennent ces discussions qui représentent la meilleure chance que le Venezuela ait eu en 30 ans de parvenir de manière pacifique, non seulement à des élections libres et justes, mais à une démocratie pérenne", a ajouté le secrétaire d'État sur les réseaux sociaux. 

Le président américain a quant à lui déclaré qu'il n'était pas informé du retour de la cheffe d'opposition vénézuélienne, mais n'a pas manqué de rappeler que cette dernière lui avait offert la médaille du prix Nobel qu'elle avait remporté en 2025. "J'espère qu'elle est en sécurité", a déclaré Donald Trump.

Si Washington continue de pousser pour un dialogue entre l'opposition et le  pouvoir, Maria Corina Machado n'a toutefois pas été invitée à participer au dialogue. Elle a cependant assuré qu'elle n'entraverait pas les discussions. 

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