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Brésil : malgré sa victoire, pourquoi le quatrième mandat de Lula à la tête du pays s’annonce très compliqué

Le président de gauche a été réélu dimanche 25 octobre à la surprise générale, alors que son rival d'extrême droite Flávio Bolsonaro était donné gagnant. Alors que le conservateur a d'ores et déjà annoncé son intention de faire annuler le scrutin, le mandat de Lula s'annonce très compliqué, entre Parlement conservateur et ingérence américaine.

Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu le 25 octobre 2026

Crédit : Juan BARRETO / AFP

Fanny Rocher

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C'est une première depuis la fin de la dictature militaire : Luiz Inacio Lula da Silva a réussi à renverser la vapeur en se faisant réélire à la tête du Brésil ce dimanche 25 octobre, devant son rival d'extrême droite Flávio Bolsonaro, arrivé en tête au premier tour. Aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le plus grand pays d'Amérique latine, et au terme de son mandat Lula, qui aura 85 ans, totalisera 16 ans au pouvoir.

Malgré cette "victoire historique", comme ses partisans l'ont largement souligné, ce quatrième et dernier mandat au palais du Planalto, lieu de résidence des présidents brésiliens, s'annonce très compliqué avec une marge de manœuvre faible pour l'ancien ouvrier métallurgique. 

Il est impossible de reconnaître les élections

Flávio Bolsonaro

Il lui faudra déjà affronter les soupçons de "fraude" avancés par le camp de Flávio Bolsonaro, dont le père Jair avait déjà refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. L'ex-président d'extrême droite déchu purge désormais en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée. "Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flávio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats dimanche soir. Depuis Brasilia, il a fustigé une "magouille".


Celui qui fêtera ses 81 ans ce mardi 27 octobre a déjà éprouvé de nombreuses difficultés lors de son mandat actuel à gouverner face à un Parlement à majorité conservatrice. Les législatives du 4 octobre l'ont placé devant une situation encore plus complexe, avec un véritable raz-de-marée de la droite. 

L'extrême droite majoritaire au Parlement

La formation du clan Bolsonaro, le Parti libéral (PL), a remporté à elle seule 19 sièges au Sénat sur les 54 qui étaient à pourvoir, et en compte 28 sur 81 au total. Le PL est également le premier parti de la Chambre des députés, avec 121 députés sur 513 et avec dans ses rangs le plus jeune des fils Bolsonaro, Jair Renan, 28 ans. Au niveau des États, le parti d'extrême droite a également effectué une moisson impressionnante au niveau des gouverneurs.

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Pour faire approuver des projets de loi, Lula devra donc négocier avec le "Centrão", bloc de partis de centre-droit qui monnaient souvent leur soutien en échange de postes dans l'administration publique ou de subventions pour leurs fiefs électoraux. 
Autre défi, et de taille : la situation économique du Brésil. Sur le plan économique, "les trois grands problèmes sont les finances publiques, les finances publiques et les finances publiques", souligne pour l'AFP Mauro Rochlin, économiste de la Fondation Getulio Vargas (FGV), un pôle universitaire renommé. La dette publique brésilienne dépasse désormais 80 % du PIB (Produit intérieur brut) et les taux d'intérêt figurent parmi les plus élevés au monde. Cette situation "pourrait rapidement déboucher sur une crise économique", avertit même Mauro Rochlin.

Pour redresser les finances publiques, Lula devra sûrement opter pour des coupes budgétaires mais devra "prendre des mesures impopulaires" et affronter "de puissants lobbies au Parlement". Une tâche d'autant plus difficile que les restrictions budgétaires pourraient menacer les programmes sociaux, l'un des principaux marqueurs du président de gauche.

L'ombre de l'ingérence étasunienne

Lula devra enfin composer avec un élément extérieur qui a pris beaucoup de place dans la campagne : l'ingérence américaine, portée Donald Trump, soutien affiché du clan Bolsonaro. Pendant toute la campagne, Lula a insisté sur la nécessité de défendre la souveraineté brésilienne, accusant son adversaire de vouloir "gouverner avec le drapeau américain". Depuis 2025, quand Washington avait imposé une surtaxe sur les produits brésiliens, le chef d'État s'était dressé contre Donald Trump. 


Mais Lula va devoir chercher à relancer la relation avec les États-Unis, l'un des principaux partenaires commerciaux du Brésil. Pour Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la FGV, la question idéologique "compte pour les rencontres symboliques" mais "elle n'est pas aussi pertinente" pour les échanges entre les pays au quotidien. Il cite l'exemple de l'Argentine : malgré les insultes de Javier Milei envers Lula, "la relation n'a pas changé en profondeur", explique-t-il.

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