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ÉDITO - Guerre en Ukraine : pourquoi la Société Générale se retire de Russie

La Société Générale a annoncé sa retraite de Russie lundi 11 avril. Elle a vendu sa filiale russe à un proche de Vladimir Poutine.

Le logo de la Société Générale (illustration)
Le logo de la Société Générale (illustration)
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
ÉDITO - Guerre en Ukraine : pourquoi la Société Générale se retire de Russie
00:03:39
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François Lenglet

La Société Générale a mis fin à ses activités en Russie. La banque en rouge et noir a vendu sa filiale russe Rosbank, l’une des principales banques de détail russe, qu’elle avait acquise il y a presque vingt ans. C’est bien sûr à cause de la guerre qu’elle se trouve ainsi contrainte de céder à perte cette entreprise. 

C'est aussi à cause des marchés financiers, car les investisseurs dits "éthiques", attentifs aux sanctions frappant la Russie, risquaient de vendre les actions de la Société Générale, ou de ne plus en acheter, ce qui aurait été préjudiciable pour la banque parce que ça aurait limité ses capacités de financement.

Au-delà même des questions de morale, les investisseurs redoutaient que la banque française n’accumule les pertes en Russie, en cas de détérioration de l’économie. Elle y était exposée pour plus de 18 milliards d’euros. Et bon nombre de ses consœurs américaines avaient déjà quitté le pays.

Les investisseurs financiers ont contraint la banque à quitter la Russie

La banque avait déjà perdu un tiers de sa valeur depuis le début des bruits de bottes en Ukraine, justement à cause de ces craintes. Il y a donc eu une forte pression sur le management. D’ailleurs, alors même que la Société Générale a vendu avec une lourde perte cette entité russe, l’action a repris 5% hier.
 
Elle a bien sûr vendu à un Russe, car un autre occidental aurait subi les mêmes pressions qu’elle. Et inutile de dire que quand il n’y a qu’un seul acheteur, le prix de vente n’est pas bon...

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L’acquéreur est l’une des premières fortunes de Russie, magnat du nickel et du palladium, Vladimir Potanine. C’est un proche de Poutine, qui n’est pourtant pas touché par les sanctions européennes et américaines, parce qu’il vend des matériaux stratégiques dont l’Occident a besoin. 

L’ironie veut que ce soit lui qui ait vendu Rosbank à la Société Générale, il y a quinze ans. Il la rachète aujourd’hui à très bon compte, après que la banque française l’a développée. C’est le paradoxe de ces sanctions : elles appauvrissent notre banque de plusieurs milliards de pertes comptables et enrichissent un oligarque qui possède déjà 25 milliards de dollars. Mais c’était la seule décision possible, comme pour Renault, qui a précédé la société Générale de quelques semaines, alors que son activité là-bas a compté pour la moitié des profits de la branche automobile l’année dernière. 

Fin du business avec la Russie

On ne peut plus faire de business avec la Russie et cette contrainte semble devoir s’imposer à toutes les entreprises qui y sont encore actives. C’est un changement considérable : les fractures géopolitiques réapparaissent et les entreprises devront se soumettre au retour de ces frontières. Une situation similaire avait été observée avant la chute du Mur, lorsque les entreprises n’opéraient que dans une partie du monde. 

La pression est d’autant plus forte que ce sont les opinions publiques, les clients, les actionnaires, les salariés de l’entreprise qui la relaient. Et les grandes entreprises françaises auraient tout intérêt à méditer sur les déboires de la Société Générale. 

Aujourd’hui, ce sont les multinationales qui opèrent en Russie qui sont frappées. Demain, ce seront celles qui travaillent en Chine, si Pékin envahit un jour Taïwan, ou si le pouvoir communiste écrase un soulèvement démocratique comme il a pu le faire en 1989. 
 
Ces entreprises devraient alors quitter la Chine, et les conséquences seraient bien plus lourdes, vu la part du de leur chiffre d’affaires et de leurs profits réalisés dans l’Empire du Milieu, le marché du siècle. La guerre d’Ukraine poursuit la démondialisation que la pandémie avait initiée. 

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