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Coronavirus : des scientifiques relancent l'hypothèse d'un accident à l'Institut de Wuhan

VU DANS LA PRESSE - Dans une lettre publiée par la revue "Science", une vingtaine de scientifiques appellent à sérieusement considérer la thèse de l'accident de laboratoire comme origine de l'épidémie mondiale de coronavirus.

L'Institut de virologie de Wuhan, visité par des experts de l'Organisation mondiale de la Santé, le 3 février 2021.
L'Institut de virologie de Wuhan, visité par des experts de l'Organisation mondiale de la Santé, le 3 février 2021.
Crédit : Hector RETAMAL / AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
Journaliste

"Les agences de santé publique comme les laboratoires de recherche doivent ouvrir leurs archives au public". Une vingtaine de scientifiques ont rédigé une lettre publiée par la revue Science ce jeudi 13 mai, appelant à sérieusement considérer la thèse de l'accident de laboratoire comme origine de l'épidémie de coronavirus. Au même moment, un scientifique anonyme dévoile trois mémoires accablants, menés ces dernières années dans le laboratoire de Wuhan.

"Des enquêteurs doivent pouvoir documenter la véracité et la provenance des données à partir desquelles les analyses sont effectuées et les conclusions tirées", affirme David Relman, microbiologiste de l'université de Stanford et coauteur de cette lettre. Alina Chan, biologiste du MIT et également coautrice du document précise l'objectif de leur publication : "fournir un soutien scientifique aux personnes ayant le pouvoir de lancer une enquête internationale", déclare-t-elle au journal Le Monde, "ils pourront s’y référer pour dire que des scientifiques de haut niveau, dans toute une série de domaines pertinents, pensent qu’une enquête rigoureuse sur l’hypothèse de l’accident de laboratoire est nécessaire".

Pour ces scientifiques, cette hypothèse doit être étudiée au même titre que le "débordement zoonotique" naturel. D'après Le Monde, qui a sollicité plusieurs spécialistes à la suite de cette lettre, de plus en plus de personnalités plaident pour une telle enquête. Cette possibilité n'avait pas pu être suffisamment examinée par la mission copilotée par l'Organisation mondiale de la Santé a admis son directeur général, Tedros Adhanom.

Trois travaux accablants menés à Wuhan

Quelques heures avant la publication de cette lettre, un scientifique anonyme a publié trois mémoires effectués dans l'Institut de virologie de Wuhan (WIV) en 2014, 2017 et 2019, jusqu'à présent jamais rendus publics. D'après les scientifiques consultés par Le Monde, ces travaux donnent de précieuses informations sur le nombre, la nature des coronavirus conservés par le WIV et sur les expériences que le laboratoire menait sur les virus.

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D'après Virginie Courtier, chercheuse au CNRS, "plusieurs des déclarations (faites par l'Institut de virologie de Wuhan, ndlr) semblent contredites dans ces mémoires". L'information la plus importante tirée de ces travaux porte sur un certain virus baptisé RaTG13, coronavirus le plus proche du SARS-CoV-2 connu à ce jour, "mais trop distant pour être son progéniteur", décrypte Stéphane Foucart dans son article du Monde.

Les interrogations autour de ce fameux virus RaTG13 tourmentent les scientifiques. On apprend notamment qu'il avait été prélevé en 2013 dans une mine désaffectée de Chine, fréquentée par des colonies de chauve-souris. En 2012, six ouvriers y avaient contracté une pneumonie, proche du SRAS ou du Covid-19. Parmi eux, trois sont décédés.

Pour Étienne Decroly, virologue au CNRS, également interrogé par nos confrères, "il est grand temps que le WIV (Institut de virologie de Wuhan, ndlr) ouvre ses bases de données à l’ensemble de la communauté scientifique". De quoi augmenter la pression sur les autorités chinoises.

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