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Brexit : les Britanniques amateurs de vin font leurs provisions à Calais

De nombreux Anglais amateurs de vin font des provisions outre-Manche avant un possible "Brexit dur". Deuxième client des alcools français, le Royaume-Uni a importé pour 1,3 milliard d'euros de vins et spiritueux de France en 2018.

Des bouteilles de vins français (illustration)
Des bouteilles de vins français (illustration) Crédit : AFP
AFP et Julien Chabrout

"Nous restons Britanniques, donc nous n'allons pas arrêter de boire !" s'exclame en riant Tom Young devant un magasin d'alcool près de Calais. Comme lui, de nombreux Anglais amateurs de vin font des provisions outre-Manche avant un possible "Brexit dur" qui les laisse dans l'incertitude. 

Sous une pluie fine, ce sexagénaire charge 300 bouteilles de vin dans le coffre de sa voiture avant de rentrer dans l'Essex, au nord-est de Londres. "C'est pour un mariage", s'empresse-t-il de préciser alors que son épouse ramène de nouveaux cartons sur un chariot. 

Le couple profite de ses voyages réguliers en France pour y acheter du vin, "de bonne qualité et meilleur marché en raison des très fortes taxes au Royaume-Uni". Mais cette fois, le contexte diplomatique a accéléré leur emploi du temps.

"Le Brexit n'a pas influencé notre achat, mais il a eu un impact sur son timing : nous voulions être sûrs d'avoir le vin avant vendredi où il y a une possibilité de sortie sans accord", explique Tom. "Après, qui sait ce qui peut se passer... On ne pourra peut-être plus faire ça." 

Le Royaume-Uni, deuxième client des alcools français

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À l'entrée de ce magasin d'alcool de Coquelles, près de Calais, des chariots alignés et remplis de bouteilles attendent leurs futurs propriétaires. Sur les murs et les rayons, de grandes affiches vantent les promotions... en anglais et en livres Sterling : ici, 99 % de la clientèle est britannique. "Il y a davantage de choix et les prix sont plus intéressants" en France, justifie Rory Hope, 53 ans. Pour l'heure, il ne se soucie pas de possibles taxes ou de voir le Royaume-Uni se tourner vers d'autres marchés. "C'est tellement confus qu'on ne peut rien prévoir", résume-t-il. 
                  
Deuxième client des alcools français derrière les États-Unis, le Royaume-Uni a importé pour 1,3 milliard d'euros de vins et spiritueux de France en 2018, selon la Fédération des exportateurs français. Chez les commerçants, la possibilité d'un "Brexit dur" n'inquiète pas outre mesure, même si beaucoup ont récemment constaté une recrudescence des achats. 

Initialement prévu le 29 mars, le Brexit, voté par référendum par les Britanniques en juin 2016, a déjà été repoussé au 12 avril. Mais le flou persiste sur le calendrier et la forme que prendra ce divorce historique. Les 27 de l'UE devraient une nouvelle fois convenir d'un report du Brexit lors d'un sommet extraordinaire ce mercredi 10 avril à Bruxelles, afin d'écarter le spectre d'un "no deal". 

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