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Bande de Gaza : que va changer la dissolution des instances dirigeantes du Hamas ?

Si le Hamas a annoncé la dissolution de ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, le chemin est long avant que la transition ne se fasse sur place. Le désarmement du Hamas reste un point de paralysie avec Israël.

Des bâtiments détruits à Gaza, le 11 février 2026.

Crédit : MAJDI FATHI / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza : qu'est-ce que ça veut dire ?

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Bénédicte Tassart

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Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé lundi 6 juillet avoir dissous ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, après presque 20 ans de pouvoir, ouvrant ainsi la voie à un comité technocratique chargé d'administrer le territoire.

"Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission", a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, ajoutant qu'il avait "décidé de dissoudre le comité afin de faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG)".

Mais concrètement, cela va-t-il changer la situation sur place ? Rien ne changera tant qu'Israël ne bougera pas ou qu'on l'oblige à bouger. Que le Hamas rende son tablier, ne gère plus le quotidien des habitants de Gaza, qu'il passe la main, c'est une manière de dire 'ok pour la transition', mais c'est symbolique parce que les obstacles sont multiples.

Des futurs gestionnaires qui n'ont pas le droit d'accéder à Gaza

D'abord, le Hamas doit laisser la place au Conseil national pour l'administration de Gaza, ce qui est prévu dans le plan imaginé par le fameux Conseil de la paix de Donald Trump. Le NCAG a été créé par cette instance lors des négociations qui ont entraîné le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en octobre 2025.

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Mais les futurs gestionnaires de la bande de Gaza (le NCAG) n'ont pas le droit d'entrer sur le territoire : Israël leur interdit. Les membres sont cantonnés au Caire. Les Gazaouis les surnomment d'ailleurs "le comité des hôtels", en référence à l'hôtel de luxe de la capitale égyptienne qui les abrite.

Ensuite, pour faire fonctionner le quotidien des Gazaouis, il faut de l'argent. Pour payer les salaires des fonctionnaires, faire tourner les hôpitaux. L'argent est bloqué, là aussi, par Israël. 

La question du désarmement du Hamas

Puis, le gros point de paralysie : le désarmement du Hamas, essentiel dans le plan de paix. Tel Aviv réclame la restitution de toutes les armes de la bande de Gaza, le Hamas veut conserver les armes légères parce que les bombardements israéliens continuent. Le ministre israélien des Affaires étrangères a d'ailleurs qualifié l'annonce par le Hamas de la dissolution de ses instances dirigeantes de "ruse" visant à éviter son désarmement.

"Tant que le Hamas conservera ses armes, tout gouvernement civil fonctionnera bien sûr selon les directives du Hamas", a déclaré Gideon Saar sur X. "Israël insiste sur la mise en œuvre intégrale du plan Trump, dont les principes fondamentaux sont le désarmement du Hamas et de toutes les autres organisations terroristes, ainsi que la démilitarisation complète de la bande de Gaza". 

Et pendant que la situation reste paralysée, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou continue ses attaques à Gaza. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus d'un millier de Gazaouis ont été tués, les enfants sont même une cible pour certains militaires israéliens. Selon une enquête de l'ONU, les camions humanitaires continuent d'entrer au compte-gouttes dans la bande de Gaza et les trois-quarts de la population restent en situation d'insécurité alimentaire, d'après Médecins sans frontières. Aujourd'hui, Donald Trump se désintéresse totalement du dossier.

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