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Marine Le Pen candidate sous bracelet électronique ? Quand la cheffe de file du RN assurait ne pas pouvoir faire "campagne dans ces conditions"

Condamnée en appel à un an de prison ferme sous bracelet électronique, mais de nouveau éligible pour 2027, Marine Le Pen se retrouve ce mardi 7 juillet face à un choix qu’elle avait elle-même posé comme une ligne rouge.

Marine Le Pen au palais de justice le 7 juillet 2026.

Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP

Yasmine Boutaba

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Marine Le Pen est de nouveau en mesure de briguer l’Élysée. La cour d’appel de Paris l’a condamnée ce mardi 7 juillet à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national. La partie ferme, soit un an, sera exécutée sous bracelet électronique. Elle a également écopé de 45 mois d’inéligibilité, dont 30 avec sursis, ce qui signifie que la partie ferme est déjà purgée et ne l’empêche plus de se présenter à la présidentielle de 2027.

Dans cette affaire de détournement de fonds publics européens, Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournements de fonds publics en tant qu’eurodéputée, ainsi que de complicité de détournements de fonds publics en qualité de présidente du parti.

En première instance, le 31 mars 2025, elle avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, une peine qui la privait immédiatement de toute candidature à la présidentielle. En appel, la cour a revu cette sanction en estimant que "la liberté des candidatures" et le "libre choix des électeurs" constituaient des principes essentiels de l’expression démocratique. 

Mais cette décision judiciaire fait surgir une autre question, que Marine Le Pen avait elle-même placée au cœur de son avenir politique : décidera-t-elle de mener une campagne sous bracelet électronique ? 

Une position très catégorique avant le verdict

Avant le verdict, Marine Le Pen avait été catégorique. Si elle affirmait être candidate à condition de pouvoir faire campagne librement, elle excluait en revanche toute candidature sous bracelet électronique. "Ce ne sera pas possible. (...) Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements", expliquait-elle encore le 1er juillet sur LCI. "Je ne peux pas dépendre d’un magistrat pour m’autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont", justifiait la députée du Pas-de-Calais.

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Plus tôt, elle martelait : "On ne peut pas faire campagne dans ces conditions. Vous pouvez faire campagne sans aller le soir rencontrer vos électeurs dans les meetings? Ça serait une autre manière de m'empêcher d'être candidate", prévenait clairement Marine Le Pen sur BFMTV le 25 février dernier.

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Cette position, répétée à plusieurs reprises avant la décision d’appel, la place désormais face à un choix délicat : tenir parole ou revenir sur cet engagement pour se lancer dans une quatrième campagne présidentielle.

Un choix "vertigineux" aux conséquences majeures pour le parti

Pour le journaliste politique de RTL Olivier Bost, la décision de Marine Le Pen dépasse largement sa seule situation judiciaire. "Marine Le Pen a un choix à faire", résume-t-il ce mardi au micro de la radio. Soit elle accepte les contraintes d’un bracelet électronique, dont la durée pourrait aller de six mois à un an, et maintient sa candidature malgré les conditions qualifiées de "très très compliquées" qu’une telle mesure ferait peser sur une campagne présidentielle.

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À l’inverse, renoncer à la présidentielle reviendrait, selon le journaliste, à tourner la page d’un objectif poursuivi depuis plusieurs décennies : accéder à l'Élysée. Un choix "vertigineux" parce que cela signifierait qu'elle "refermera une parenthèse" mais pas que. Une telle décision ouvrirait également la voie à Jordan Bardella, jeune président du RN âgé de 30 ans, qui deviendrait de facto le candidat naturel du parti pour 2027.

Reste désormais à savoir si la cheffe de file du RN choisira de revenir sur sa promesse de ne pas faire campagne sous bracelet électronique. Sa réponse est attendue ce mardi soir sur le plateau de TF1.

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