- 23m36s
3 min de lecture
Une photographie prise le 26 mai 2026 montre l'intérieur du palais de justice de Paris (Illustration).
Crédit : SIMON WOHLFAHRT / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Une décision judiciaire accueillie avec colère. Ce mardi 7 juillet, un animateur périscolaire a été relaxé à Paris pour des accusations d'agressions sexuelles sur des enfants d'une école maternelle du 11e arrondissement, au bénéfice du doute. Il a en revanche été condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux collègues.
Mise à jour du 8 juillet : Le parquet de Paris a indiqué mercredi à l'AFP faire appel de la relaxe d'un animateur périscolaire pour agressions sexuelles sur des enfants d'une école maternelle du XIe arrondissement prononcée mardi.
"Le parquet a fait appel de la décision de relaxe rendue sur les infractions pour lesquelles il avait requis la condamnation", a déclaré le ministère public. Au procès en mai devant le tribunal correctionnel de Paris, la procureure avait requis sa condamnation pour agressions sexuelles envers trois enfants, sur les neuf pour lesquels le désormais ex-animateur a été jugé.
David G., 36 ans, était poursuivi pour des agressions sexuelles visant neuf enfants âgés de 3 à 5 ans de l'école maternelle Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement de Paris, entre septembre 2024 et avril 2025. C'est au cours de cette période qu'il avait été suspendu par la Ville de Paris, à la suite d'un signalement.
Le 27 novembre dernier, une mère de famille, invitée de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, avait expliqué avoir eu "un mauvais feeling" à son sujet, évoquant une proximité jugée "pas normale" avec sa fille. "Il la complimentait quand je venais la chercher", racontait Juliette (prénom modifié).
Elle dénonçait aussi de sérieux "dysfonctionnements", en affirmant qu'une autre mère d'élève avait déjà signalé l'année précédente un comportement similaire envers une enfant de petite section. Après ces accusations, l'animateur avait été changé de niveau et affecté en moyenne section, dans la classe de la fille de Juliette.
Ce mardi, le président du tribunal a longuement explicité la décision, provoquant des cris de colère parmi les parties civiles. Pour motiver la relaxe, le tribunal a souligné que les témoignages des jeunes victimes avaient pu être influencés par leurs parents. Il a aussi relevé qu'aucun adulte n'avait fait état de gestes à caractère sexuel sur des enfants de l'école.
Le parquet avait requis trois ans de prison contre l'animateur, dont un an ferme sous bracelet électronique avec exécution provisoire. Sans antécédent judiciaire, David G. encourait jusqu'à dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.
À la barre, le prévenu avait démenti avec aplomb tout geste sexuel, estimant qu'il "faut être psychopathe pour faire ça". Se disant "pas du tout concerné" par les dénonciations, il n'avait concédé que d'éventuelles "maladresses" liées à un "manque de formation", comme le fait d'avoir porté des enfants dans ses bras ou sur ses genoux, ou encore d'avoir utilisé des surnoms affectueux comme "mon amoureuse", "ma chérie" ou "mon bébé".
"Bravo pour les enfants, joli spectacle, simulacre", ont crié des parents, certains éclatant en sanglots. "C'est un délibéré très dur, incompréhensible (...). C'est très dur de se dire que nos enfants ont réussi à parler (...) et n'ont pas été entendus par des adultes qui ne sont pas capables d'écouter", a réagi la maman d'un garçon de trois ans.
"On est tous sous le choc... J'ai eu l'impression d'être à mon procès à moi, en tant que maman, parce que ma fille m'a parlé d'avoir été agressée sexuellement et je me suis sentie presque coupable d'avoir porté plainte", a témoigné la mère d'une petite Emma, estimant que "la France ne protège pas les enfants des pédocriminels".
"Comment voulez-vous influencer des symptômes ? Des pipis au lit, des infections urinaires, des irritations, des énurésies, des cauchemars...", a-t-elle ajouté, rappelant que sa fille savait "à peine parler quand elle a été agressée". "Le système n'est pas fait pour enquêter avec des enfants de trois ans et demi", a également jugé Caroline, une autre maman.
Avocate de six familles, Me Rébecca Royer a évoqué un "immense sentiment d'injustice". "Neuf enfants ont dénoncé des agressions sexuelles et tous présentaient des stigmates psychotraumatiques majeurs. Pourtant, leur parole a été écartée au motif qu'ils auraient été influencés par leurs parents. Cette décision envoie un signal profondément inquiétant à la société : les enfants ne sont ni crus ni protégés", a-t-elle déclaré.
Cette affaire avait déclenché une cascade de signalements dans la capitale et donné lieu au premier procès public depuis l'éclatement du scandale du périscolaire parisien. C'est la deuxième fois que le procès d'un animateur soupçonné d'agression sexuelle se solde par une relaxe du prévenu.
Mi-juin, un autre animateur avait également été relaxé, mais le parquet a fait appel.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte