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Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP
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C’est par un message publié sur X que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a officialisé la décision. À compter de ce samedi 23 mai, le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir est interdit d’accès au territoire français.
Mercredi 20 mai, Itamar Ben Gvir a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des dizaines de militants agenouillés au sol, les mains liées. "Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", dit le ministre sur ces images publiées sur sa chaîne Telegram, avec pour fond sonore l'hymne national. La publication a immédiatement déclenché un tollé, et ce jusqu'au sein même du gouvernement israélien.
Ce samedi 23 mai, Paris a dénoncé des "agissements inqualifiables à l’égard de citoyens français et européens passagers de la flottille Global Sumud", peut-on lire sur le compte X du ministre des Affaires étrangères. Ce groupe de navires, appelés "la flotille pour Gaza" transportait des centaines de militants et de l’aide humanitaire symbolique en direction de l’enclave palestinienne pour tenter de briser le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza, ravagée par la guerre.
Dans son message, Jean-Noël Barrot a ajouté à cela : "Nous désapprouvons la démarche de cette flottille, qui ne produit aucun effet utile et surcharge les services diplomatiques et consulaires". "Mais nous ne pouvons tolérer que des ressortissants français puissent être ainsi menacés, intimidés ou brutalisés, qui plus est par un responsable public".
Dans cette flottille, 430 participants, dont 37 ressortissants français, ont été interceptés par les forces israéliennes avant d’être expulsés le jeudi 21 mai.
De retour en France vendredi 22 mai, plusieurs d’entre eux ont dénoncé des violences physiques et sexuelles, des humiliations et des conditions de détention dégradantes.
L'une des militantes françaises capturées, Meriem Hadjal, a assuré avoir "subi des attouchements". Un autre, Adrien Bertel, a lui évoqué "des passages à tabac" dans le noir.
La réaction française s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe. En Pologne, les autorités ont engagé une procédure visant à déclarer Itamar Ben Gvir persona non grata, en raison de son comportement dans cette affaire. Le ministère polonais des Affaires étrangères a estimé que ses actes justifient une interdiction d’entrée sur le territoire.
En Italie, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a, de son côté, demandé des sanctions au niveau européen contre le ministre israélien. Rome a évoqué des "actes inacceptables" et des violations potentielles des droits humains.
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