3 min de lecture Julian Assange

Assange : pourquoi le fondateur de Wikileaks est dans le viseur des États-Unis

ÉCLAIRAGE - Le fondateur de Wikileaks va t-il être extradé vers les États-Unis ? Une audience avait lieu jeudi 2 mai à Londres pour trancher sur le cas de l'Australien de 47 ans récemment expulsé de l'ambassade d'Équateur. Retour sur cette affaire.

>
Assange : pourquoi le fondateur de Wikileaks est dans le viseur des États-Unis Crédit Image : JUSTIN TALLIS / AFP | Crédit Média : M6 /Agences / Solène Nicolas | Date :
Photo-Solène
Solène Nicolas Journaliste M6

Journaliste, lanceur d’alerte, hackeur, Julian Assange a une personnalité très complexe. Présenté un temps comme un chevalier blanc et adulé par une partie de l’opinion publique. L'homme qui défend la liberté d'informer à tout prix, est aujourd'hui considéré comme un traître par une partie des médias et des chefs d’États.

L’Australien de 47 ans a fait trembler les plus grandes puissances mondiales avec son site Wikileaks. Mais avoir fait fuiter des centaines de milliers de documents confidentiels américains pourrait lui valoir la peine de mort. 

Julian Assange est passionné d'informatique depuis l'enfance. À 16 ans, il intègre la communauté des hackers. "Julian Assange, dans sa jeunesse, se présente comme un White Hat c'est-à-dire un hackeur vertueux", explique Guerric Poncet, journaliste pour Le Point. "Bon ou mauvais hackeur, toujours est-il qu’il a maille à partir avec la justice", raconte Olivier Tesquet.

Une onde de choc mondiale

En effet, à 20 ans, il est condamné à une amende de 2.300 dollars. Mais, pour Julian Assange, "c'est sa première confrontation avec les autorités et cela va conditionner, peut-être un peu, la suite de son parcours", selon Olivier Tesquet.

À lire aussi
Julian Assange, le cofondateur de Wikileaks justice
Julian Assange : le parquet suédois abandonne les poursuites pour viol

En 1999, à 28 ans, Julian Assange lance un site internet sur lequel il commence à récolter et mettre en ligne de nombreux documents top secret. Tout le monde peut y contribuer, l'anonymat est garanti. En 2009, il y a cette publication sur la guerre en Irak classée secret défense qui va secouer l'opinion publique et faire éclater au grand jour l'existence de Wikileaks.

"La vidéo qui a choqué l'opinion s'appelle 'Collateral Murder' explique son conseiller juridique, Juan Branco. "Elle montre des militaires américains qui tirent sur des cibles depuis un hélicoptère et tuent notamment des journalistes". Ce document est fourni par Chelsea Manning, née Bradley. Un soldat transgenre lanceur d’alerte. 

Une méthode qui dérange

Selon Juan Branco, "cette soldate ne supportait pas ce qu'elle voyait sur le terrain. Alors elle a décidé de le dénoncer". Chelsea Manning est démasquée par les autorités américaines et écope de 35 ans de prison. Elle sera graciée par Barack Obama 7 ans plus tard.

Malgré les tentatives de plusieurs Etats pour faire fermer Wikileaks, les publications du site collaboratif explosent. Des centaines de milliers de documents confidentiels américains sont rendus publics. Pour exploiter ces secrets d'Etat, de grands médias s'allient à lui, les premiers mois, comme le Guardian, Le New York Times ou encore Le Monde.

Mais la méthode Assange dérange. "Les médias ont toujours voulu expurger certaines informations, en recoupant, mais lui a toujours été partisan de la fuite intégrale", selon Olivier Tesquet. Alors, les médias le lâchent et il s'attire l'ire de nombreux pays. Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat, demande son arrestation. 

"L'ennemi public numéro 1" des États-Unis ?

La même année, en 2010, un mandat d'arrêt est émis contre lui par la Suède pour viols sur 2 femmes. La justice britannique le place alors sous contrôle judiciaire. "Julian Assange crie au complot", raconte Olivier Tesquet.

Et par peur d'être extradé vers les États-Unis. Julian Assange cherche refuge dans l'ambassade d'Équateur, à l'époque un pays pas franchement pro-américain. "Il ne sait pas, à ce moment-là, qu’il restera 7 ans dans une pièce de 18 mètres carrés, sans aération", explique le journaliste de Télérama. Juan Branco évoque des conditions de vie "particulièrement difficiles".

En lui retirant l'asile politique, le nouveau président équatorien Lenin Moreno a permis, le 11 avril dernier, l'arrestation de Julian Assange sur le sol britannique. Sera-t-il jugé en tant que journaliste, lanceur d'alerte ou hackeur ? Dans tous les cas, la condamnation de Julian Assange créera un précédent. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Julian Assange M6info Vidéo
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants