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Julian Assange, lanceur d'alerte, apôtre de la transparence et paria

PORTRAIT - Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arrêté, ce jeudi 11 avril, à l'ambassade d'Équateur à Londres où il était réfugié depuis sept ans. Il pourrait comparaître le même jour devant la justice britannique.

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Julian Assange, lanceur d'alerte, apôtre de la transparence et paria Crédit Image : JUSTIN TALLIS / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

De lanceur d'alerte à indésirable. Le fondateur de Wikileaks Julian Assange, a été arrêté ce jeudi 11 avril par la police britannique à l'ambassade d'Equateur à Londres. C'est dans ce bâtiment diplomatique d'un quartier chic de la capitale britannique que l'Australien aux cheveux argentés avait trouvé asile le 19 juin 2012.

Il était déguisé en coursier, pour échapper à un mandat d'arrêt pour des accusations de viol et d'agression sexuelle en Suède qu'il a toujours rejetées, défendant la théorie d'un complot. 

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau réclamé que la France offre "l'asile politique" au fondateur de WikiLeaks. "L'honneur de notre pays doit être de lui accorder l'asile politique au moment où sa liberté est menacée", a-t-il plaidé, faisant valoir qu'il "a agi pour la cause de la liberté et de l'indépendance de la France en révélant des pratiques agressives contre nous".  

30 villes australiennes en 15 ans

Personnage difficile à suivre, Julian Assange a été balloté de gauche à droite dès son plus jeune âge par sa mère, Christine Ann Assange, une artiste de théâtre qui s'était séparée de son père avant même sa naissance. 

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Il compare son enfance à celle de Tom Sawyer, entre construction de radeau et explorations diverses de son environnement. Jusqu'à l'âge de 15 ans, il vivra dans plus de trente villes australiennes différentes et fréquentera de nombreuses écoles avant de se poser à Melbourne où il étudiera les mathématiques, la physique et l'informatique.

Doué, travailleur, il est happé par la communauté des hackers et commence à pirater les sites internet de la Nasa ou du Pentagone en utilisant le pseudo de "Mendax". C'est à cette époque qu'il a un fils, Daniel, dont il se disputera la garde avec la mère. Lorsqu'il lance WikiLeaks dans le but de "libérer la presse" et de "démasquer les secrets et abus d'État", il devient, selon un de ses biographes, "l'homme le plus dangereux du monde". 

Les révélations de l'affaire WikiLeaks

Fin juillet 2010, la presse mondiale publie 70.000 documents confidentiels sur les opérations de la coalition internationale en Afghanistan diffusés par le site internet WikiLeaks. 400.000 rapports concernant l'invasion américaine en Irak sont publiés en octobre et un mois plus tard, le contenu de quelque 250.000 câbles diplomatiques américains.

Il devient un paria aux États-Unis. Mais en même temps que sa notoriété grandit, les critiques s'accumulent. En 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks condamnent la méthode de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d'État américain non expurgés.

Ils estiment que les documents sont susceptibles de "mettre certaines sources en danger". La critique sera également formulée par le lanceur d'alerte Edward Snowden. 

Enquête pour viol et agression sexuelle

En novembre 2010, la Suède lance un mandat d'arrêt européen à son encontre dans le cadre d'une enquête pour viol et agression sexuelle présumés de deux Suédoises, en août 2010. Assange assure que les jeunes femmes étaient consentantes. Il se livre à la police britannique le 7 décembre. Il est détenu neuf jours puis assigné à résidence dans le Suffolk (est de l'Angleterre).

En février 2011, un tribunal londonien valide la demande d'extradition de la Suède. L'Australien redoute d'être extradé aux États-Unis et d'y encourir la peine de mort, en raison de la publication des documents secrets américains. Le 19 juin 2012, après avoir épuisé ses recours, Julian Assange se réfugie à l'ambassade d'Équateur à Londres et demande l'asile politique. 

En exil

L'Équateur, présidé alors par la grande figure de la gauche sud-américaine Rafael Correa, lui accorde l'asile en août. Quatre ans plus tard, en janvier 2016, les autorités équatoriennes rejettent la demande de la justice suédoise d'interroger Assange, indiquant vouloir l'interroger elles-mêmes.

Un groupe de travail de l'ONU estime en février qu'Assange est victime d'une "détention illégale et arbitraire" et appelle la Suède et le Royaume-Uni à l'indemniser. Les deux pays rejettent l'avis, non contraignant. Cette même année, WikiLeaks publie 20.000 courriels piratés du parti démocrate, dont certains très préjudiciables à la campagne d'Hillary Clinton. Ces révélations suscitent alors des éloges appuyés du candidat Donald Trump.

En janvier 2017, Assange se dit prêt à se rendre aux États-Unis, à condition que ses droits soient garantis. Sa déclaration intervient alors que Chelsea Manning, condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour avoir transmis plus de 700.000 documents confidentiels au site internet, voit sa peine réduite. 

Nationalité équatorienne et statut diplomatique

En décembre, Quito accorde à Julian Assange la nationalité équatorienne et demande à Londres de lui reconnaître un statut diplomatique. Le Royaume-Uni refuse. En janvier 2018, le gouvernement équatorien dit être à la recherche d'une "médiation" pour trouver un accord avec Londres sur la situation "insoutenable" d'Assange.

Un mois plus tard, la justice britannique maintient le mandat d'arrêt émis contre lui, pour avoir violé en 2012 les conditions de sa liberté conditionnelle en se réfugiant à l'ambassade équatorienne. Fin mars, agacé par ses prises de position sur Twitter, le gouvernement équatorien coupe l'internet et les systèmes de communication de l'Australien (qui seront partiellement rétablis).

Chargé de rédiger l'autobiographie de Julian Assange, Andrew O'Hagan finit par jeter l'éponge avec ce verdict définitif : "L'homme qui se targue de dévoiler les secrets de ce monde ne supporte pas les siens". Depuis, seul un noyau dur - et quelques célébrités comme l'acteur américain Martin Sheen et l'actrice Pamela Anderson - lui est resté fidèle. 

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