2 min de lecture Nazisme

Allemagne : mort d'un ancien nazi impliqué dans un massacre en France

Karl Münter, un ancien SS, est décédé à l'âge de 96 ans. Il était impliqué dans le massacre d'Ascq, dans le Nord de la France, en 1944.

Bannière du IIIe Reich (illustration)
Bannière du IIIe Reich (illustration) Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Nicolas Barreiro et AFP

Un ancien SS de 96 ans, menacé de comparaître prochainement pour avoir cautionné un massacre en France en 1944 et tenu des propos négationnistes sur l'Holocauste, vient de mourir, a déclaré dimanche à l'AFP le parquet chargé des poursuites. 

"Je peux confirmer qu'il est décédé", a déclaré au sujet de Karl Münter la porte-parole du parquet de Hildesheim, en Basse-Saxe (nord), Christina Pannek. Elle a évoqué une mort naturelle. "La procédure engagée contre lui est du coup éteinte", a-t-elle ajouté. 

Cet ancien SS, impliqué dans le massacre d'Ascq dans le nord de la France en 1944, venait tout juste en juillet d'être mis en accusation par le parquet en vue d'un procès pour incitation à la haine raciale et atteinte à la mémoire des morts

"Si Karl Münter échappe à la justice des hommes, espérons qu'il n'échappera pas à la justice divine (...) Ce combat que j'ai mené est un combat pour l'honneur et les massacrés d'Ascq vivront toujours dans nos cœurs", a déclaré à l'AFP Alexandre Delezenne, un arrière-petit-fils d'une victime. Il était à l'origine, en 2013, de la procédure judiciaire entamée en Allemagne. 

"Pourquoi devrais-je regretter ?"

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Karl Münter était poursuivi pour des propos tenus fin 2018 sur la chaîne de télévision publique ARD. Il y avait notamment assuré que le chiffre de six millions de Juifs assassinés par les Nazis était exagéré. "J'ai lu récemment quelque part que ce chiffre était faux, je n'y crois plus à tout cela", affirmait-il. 

L'ancien SS avait aussi cautionné le massacre des 86 civils à Ascq. Interrogé par ARD pour savoir s'il regrettait ces événements, l'intéressé, affirmant, n'avoir pas directement participé à la tuerie mais avoir surveillé les personnes arrêtées, avait répondu : "Non pas du tout ! Pourquoi devrais-je regretter ?" (...) "Si j'arrête des gens, je suis responsable d'eux. Et s'ils tentent de fuir, j'ai le droit de tirer sur eux", avait-il ajouté. 

Le massacre avait été commis dans la nuit du 1er au 2 avril 1944 en représailles au déraillement d'un train transportant environ 350 SS. Le procès qui devait se dérouler en Allemagne, sous réserve de l'état de santé de l'accusé, était une revanche pour les descendants des victimes. 

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