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"Si la question se pose de partir, je réfléchirai à deux fois" : pourquoi tant de salariés restent à un poste qui ne leur convient plus ?

De plus en plus d'employés disent se sentir mal au travail, mais ne sont pas pour autant prêts à quitter leur poste, notamment par crainte de se retrouver sur un marché du travail bouché, avec assez peu d'offres.

Image d'illustration d'employés de bureau en France.

Crédit : BERTRAND GUAY / AFP

"C'est pas mon rêve" : pourquoi tant de salariés restent dans un travail qui ne leur plaît pas

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Mathilde Piqué & Laurène Rocheteau

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C'est la question que se posent beaucoup d'employés qui ne sont pas heureux au travail : partir ou rester ? Mais dans un contexte économique et social plus que tendu, beaucoup font le choix de rester en poste, même si ce dernier ne leur plaît pas. 

"Ce n'est pas mon rêve", reconnaît auprès de RTL Yanis, employé dans un magasin de vêtements. Lui qui n'a pas de diplôme, il n'a "pas eu le choix que de chercher du travail dans des trucs qui ne me plaisaient pas forcément". Mais ce n'est pas pour autant qu'il serait prêt à quitter son poste du jour au lendemain : "Si demain la question se poste de partir, je pense que j'y réfléchirai à deux fois". 

D'autant que trouver un autre poste n'est pas chose facile sur le marché actuel du travail. Ces derniers mois, les chiffres du chômage ne cessent d'augmenter - +0,9% de demandeurs d'emploi au troisième trimestre 2026, révèle France Travail - alors que les offres, elles, se font plus rares. Selon la plateforme Indeed, le nombre d'offres d'emploi publiées sur son site a reculé de 16% en un an. 

"C'est plus compliqué, il y a beaucoup moins d'offres", déplore Claudia, chargée de paie dans le secteur bancaire. "Typiquement, si je pars, ce ne serait pas pour faire le même poste que je fais actuellement, ce serait pour une étape au-dessus." Malheureusement, regrette cette salariée, "pratiquement tous les postes sont pris". 

Un environnement de travail stressant

Alors face à un marché du travail bouché et des candidatures parfois très nombreuses sur une même offre, beaucoup font le choix de rester à leur poste, même lorsque celui-ci peut être source de stress : "Il y a un peu plus de concurrence. On comprend bien qu'on doit un peu plus dire oui qu'avant. J'absorbe un peu plus de charge", constate Sarah, cadre dans le secteur de l'énergie, qui reconnaît qu'il y a désormais plus de pression au travail. "Parce qu'on peut se faire dégager à tout moment."

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Pour la grande majorité des salariés, conserver un emploi qui ne leur plaît pas est aussi nécessaire pour des raisons économiques : ils veulent être en mesure d'assurer leur charge, et craignent les conséquences d'une démission ou d'un changement de poste sur leur pouvoir d'achat. 

Dans certains cas, le mal-être des employés au travail se traduit par une forme de désengagement : le terme de "quiet quitting" (comprenez : démission silencieuse) s'est ainsi largement développé ces dernières années, et évoque un employé qui ne fait que le strict minimum dans son travail. 

Moins d'engagement au travail

Le groupe américain Gallup, spécialisé dans les analyses et la recherche sur le milieu du travail et du management, dresse un état des lieux du monde du travail dans son enquête annuelle "State of the Global Workplace". L'étude établit qu'en "2025, l'engagement des salariés a chuté pour la deuxième année consécutive à son niveau le plus bas depuis 2020". .

L'enquête évoque également les difficultés pour trouver un emploi dans le marché actuel : "En 2023, la part de salariés qui trouvaient que cette année était 'le bon moment' pour trouver un emploi rivalisait le pic de 2019 de 55%. Ces deux dernières années, en revanche, la perception du marché du travail est plus basse qu'au début de cette période en 2022."

À l'inverse, certains employés n'hésitent pas à faire savoir lorsque l'ambiance au travail leur pèse, et même à quitter un emploi sans se retourner. Le magazine américain consacré à l'économie Fortune présente ainsi le nouveau phénomène du "revenge-quitting" : démissionner sans préavis ou en désertant tout simplement son poste sans explication. 

Une façon de dénoncer leur environnement de travail : "Quand les salariés démissionnent sans préavis, c'est généralement parce qu'ils ont perdu confiance dans leur hiérarchie ou bien qu'ils ont le sentiment de ne pas être entendu", explique au magazine Vicki Salemi, experte sur l'environnement du travail. 

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