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En Allemagne, des patrons militent pour la semaine de 40h : "Le pays est confronté à un dilemme : s'ajuster ou voir son industrie décliner", estime François Lenglet

L'industrie allemande traverse une grave crise, ce qui pousse certains grands patrons à militer pour une semaine de 40 heures sans augmentation. François Lenglet revient sur les raisons d'une telle réforme.

Le logo Volkswagen (illustration)

Crédit : PATRIK STOLLARZ / AFP

Le patronat allemand réclame la semaine de 40 heures payées 35 !

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Le patronat allemand réclame la semaine de 40 heures payées 35 !

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François Lenglet - édité par Marie-Lys de Fremond

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L'industrie allemande, en particulier certains de ses grands patrons comme Martin Brudermüller (Mercedes-Benz), milite pour le retour à 40 heures payées 35. Cela reviendrait à une baisse du salaire horaire de plus de 12%, soit un mouvement exactement symétrique à celui qu'avait fait l'Allemagne dans les années 80. Une grève de 7 semaines, conduite par le grand syndicat de la métallurgie IG Metall, avait ouvert la voie vers les 35 heures payées 40. Un mouvement qui avait gagné à peu près toute l'Europe, jusqu'en France, quinze ans plus tard.

En cause de cette réforme, la sévère crise de l'industrie allemande et particulièrement de son cœur, l'automobile et la machine-outil. Si l'industrie allemande a atteint son pic en 2017, elle a depuis chuté de plus de 15%. Volkswagen est l'illustration de ces difficultés : l'entreprise va fermer plusieurs usines en Allemagne. 

Une crise née de la concurrence

Cette crise est, elle, due à la concurrence chinoise, avec l'arrivée des véhicules électriques vendus en gros 30% moins cher, pour des performances au moins égales. Cette concurrence se double d'un effondrement des ventes allemandes en Chine, moins 40% pour Volkswagen, alors que le pays d'Asie représentait la moitié des profits du groupe Volkswagen, Audi et Porsche. À cela s'ajoutent les taxes Trump sur les importations américaines, ainsi que le renchérissement de l'énergie depuis la guerre d'Ukraine. Même vis-à-vis de l'Europe, l'Allemagne perd du terrain : ses coûts horaires s'établissent à 49,50 euros : c'est 33,70 euros dans la moyenne européenne.

Conséquences, 10 à 15.000 emplois perdus dans l'industrie chaque mois, annonce le Financial Times. Jusqu'ici, les difficultés étaient compensées par l'expertise industrielle allemande et par le recours au mini-job sous-payé. C'était le sous-prolétariat qui permettait d'améliorer la compétitivité, ce qui ne suffit plus. "Le pays est donc confronté à un dilemme que la France connaît bien : soit s'ajuster, soit voir son industrie décliner. Le patronat espère bien que ce sera la première solution." résume François Lenglet. 

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En effet, les traditionnelles négociations salariales d'automne commencent dans quelques jours, et les syndicats allemands vont devoir parlementer. Pour autant, ils ont fini par accepter des dizaines de milliers de suppressions d'emplois chez Volkswagen. Sur le temps de travail, le débat ne fait que commencer.

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