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3 min de lecture
Le logo SFR (photo d'illustration)
Crédit : AFP
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Une révolution dans le secteur des télécoms en France. Bouygues, Free et Orange se sont mis d'accord avec Altice, maison mère de SFR, pour se partager l'opérateur à trois lettres. Le coût de l'opération serait de 20 milliards d'euros environ. Autrement dit, trois opérateurs rachètent et coupent en morceaux le quatrième.
Ce rachat devrait avoir des conséquences sur près de 20 millions de clients, qui vont devoir changer d'opérateur. Bouygues récupère la plus grosse partie de l'entreprise - un peu plus de 40% - tandis que les deux autres se partagent 30% chacun.
L'actuel propriétaire de SFR, Patrick Drahi, a laissé l'entreprise se détériorer sous l'effet d'une dette devenue écrasante. Il n'avait guère d'autres choix que de vendre. Pourtant, le patron a bien sauvé les meubles avec le prix qu'il devrait obtenir.
SFR devrait donc disparaître, au profit de celles des trois autres opérateurs. Créée en 1987 par la Compagnie générale des eaux, la marque n’aura vraiment pas eu de chance. Elle a été malmenée une première fois par le désastre du Vivendi de Jean-Marie Messier, puis par l’aventurisme financier de Patrick Drahi.
Sur le plan des forfaits de téléphonie mobile, le passage de quatre à trois opérateurs en France diminue la concurrence et devrait théoriquement faire remonter les prix. Les opérateurs s’en défendent en expliquant que le marché français, en raison de sa démographie, n’est plus en croissance, ce qui va les contraindre à la modération.
Les prix des forfaits mobiles en France sont parmi les plus bas au monde grâce à la concurrence. En mai 2025, le prix moyen d’un forfait illimité avec au moins 20 gigas d’internet est passé sous la barre des 10 euros, contre 17 euros en 2023.
Un chiffre quatre fois à six fois moins cher qu’aux États-Unis, où la facture mensuelle moyenne de mobile dépasse les cent euros. La raison ? Une concurrence beaucoup plus faible chez les Américains.
Le pays ne compte que trois opérateurs nationaux seulement sur son territoire, alors qu’en Europe, il existe plus d’une centaine. Le nombre moyen d’abonnés par opérateur en France est de 5 millions, contre 100 millions en Amérique et plusieurs centaines de millions en Chine et en Inde.
Cela offre des prix plus bas pour le consommateur de l'Hexagone. La contrepartie est que nous avons des opérateurs nains sur le plan mondial, qui n’ont pas la base et la rentabilité suffisantes pour investir autant que leurs homologues sur les autres continents.
Telle est la philosophie européenne : privilégier le consommateur plutôt que le producteur. Il est d'ailleurs possible que les autorités de la concurrence bloquent ce deal, pour préserver une forte compétition à quatre opérateurs. Elles ne rendront leur verdict que dans 18 mois.
Les salariés de SFR ne seront pas épargnés par cette décision. Une fusion d’entreprises vise à réduire les coûts avec la mise en commun des services. Son objectif est donc de supprimer des emplois. Une réalité douloureuse qui ne devrait pas échapper à l'opérateur, même s’il faut noter que les acquéreurs se sont engagés à ne pas le faire avant 2029.
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