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Qu'est-ce que le big bang fiscal proposé par un député Renaissance ? François Lenglet dénonce "du Macron pur jus"

Le député Renaissance Pierre Cazeneuve propose de baisser fortement les cotisations sociales pour augmenter le salaire net de 15 millions de salariés. Mais cette mesure serait financée par une hausse de la TVA, de la CSG et le retour de la taxe d’habitation, au risque de déplacer la charge fiscale sans vraiment alléger le poids global des prélèvements.

Pierre Cazeneuve

Crédit : Alain JOCARD / AFP

Qu'est-ce que le big bang fiscal proposé par le député Renaissance Pierre Cazeneuve ?

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Qu'est-ce que le big bang fiscal proposé par le député Renaissance Pierre Cazeneuve ?

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Un big bang fiscal. Le vice-président de Renaissance Pierre Cazeneuve propose d'échanger une forte baisse des cotisations sociales contre des transferts massifs de fiscalité (la hausse d'impôts). Selon le député, la priorité est d'augmenter le salaire net des Français. Il voudrait donc baisser les charges sociales pour 15 millions de salariés, à hauteur de 210 euros par mois, de façon à réduire l'écart entre le salaire brut et le net. Un salarié payé 2.800 euros bruts mensuels recevrait l'équivalent d'un treizième mois, en plus sur une année. 

Mais cela coûterait énormément d'argent. En contrepartie, il y aurait deux points de TVA supplémentaires, ce qui ferait monter les prix. Avec notamment le rétablissement de la taxe d'habitation, qui avait été supprimée pour les résidences principales par Emmanuel Macron à son arrivée, et l'augmentation d'un point de la CSG. Au total, ce plan serait un déplacement de prélèvements à hauteur d'une cinquantaine de milliards d'euros. 

Les perdants sont les salariés du haut de l'échelle et les retraités

Ceux qui reçoivent et ceux qui payent ne sont pas tout à fait les mêmes. Les gagnants seraient les salariés moyens car, même si leur net est plus élevé, il y aurait la taxe d'habitation à payer et un peu d'inflation sur les prix. Les perdants sont les salariés du haut de l'échelle et les retraités, qui ne profiteraient pas de l'allégement de charges, et paieraient pourtant les hausses d'impôts. 

En arrivant au pouvoir Emmanuel Macron avait abaissé les charges sociales, modestement, et augmenté la CSG en contrepartie, avec à peu près les mêmes effets. Tout le monde avait rapidement oublié cela, car le gain de pouvoir d'achat était très faible.

Mais désormais le mouvement serait bien plus ample. Le résultat quant à lui resterait modeste, puisque cette proposition fait l'impasse sur la moitié du sujet : la dépense publique. La véritable issue stratégique pour le pays est de baisser les dépenses, de façon à rendre aux Français une partie de l'argent qu'on leur prend, et en baissant les impôts sans contrepartie. 

Si ce travail de tri dans la dépense n'est pas fait, nous sommes condamnés au jeu à somme nulle. Cela signifie qu'il s'agit d'une révolution de façade, tandis que rien ne change : ni les prélèvements, ni l'action de l'État et son efficacité. Du Macron pur jus. 

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