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Orange, Bouygues et Free s'accordent pour le rachat de SFR, l'opération estimée à plus de 20 milliards d'euros

Les négociations entre les trois opérateurs téléphoniques français ont finalement abouti. Les employés de SFR sont assurés de garder leur emploi jusqu'à début 2029.

Le logo SFR. (Illustration)

Crédit : Romain Longieras / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

AFP - édité par Alexis Lalemant

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Une page qui se tourne dans le monde de la téléphonie. Au terme d'intenses négociations, les opérateurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange se sont mis d'accord, samedi 6 juin, avec Altice France pour lui racheter sa filiale SFR. L'opération se chiffre à un montant total de 20,35 milliards d'euros, marquant ainsi le coup d'envoi d'un nouveau big bang dans le secteur en France.

Après avoir prolongé vendredi de 48 heures la période de négociations exclusives ouvertes mi-avril, les quatre acteurs ont finalement trouvé un terrain d'entente le lendemain, avec notamment un potentiel complément de prix pouvant atteindre 650 millions d'euros à la clôture de l'opération (espérée au second semestre 2027), et l'assurance donnée aux salariés de SFR repris que leur emploi serait garanti jusqu'à début 2029, ont détaillé les acteurs du rachat dans un communiqué commun.

Cette transaction représente "l'une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications", soulignent les entreprises, alors que se profile une reconfiguration inédite avec un retour à trois opérateurs en France.

Quelle répartition des abonnés ? 

Elle reste encore soumise à l'examen des autorités de la concurrence et, "à ce stade, il n'y a aucune certitude que cette opération soit réalisée", précisent les groupes dans leur communiqué. Selon le protocole d'accord, Bouygues Telecom prendra à sa charge 42% du prix de vente, Free-Groupe Iliad 31% et Orange 27%, à travers l'acquisition de titres de la société SFR.

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En termes de répartition des actifs, la filiale du groupe Bouygues décrocherait notamment le segment "B2B" de SFR, c'est-à-dire les offres dédiées aux professionnels, ainsi qu'une partie de ses activités grand public (soit environ 6,4 millions de clients mobile et fixe).

Free hériterait des quelque 6 millions de clients de l'offre RED by SFR, ainsi que de près de deux millions de clients de son activité grand public, tandis qu'Orange se verrait attribuer environ 4,9 millions de clients.

Les trois acquéreurs ont également prévu de se partager les fréquences pour le moment exploitées par SFR. Au total, le chiffre d'affaires du périmètre concerné par l'opération a atteint 8 milliards d'euros en 2025. Bouygues Telecom se taillerait la part du lion dans ce montant (52%), devant Iliad (27%) et Orange (21%), qui doit se contenter d'une portion moindre en raison de sa position dominante sur le marché. 

"Une étape majeure et déterminante pour l'ensemble du secteur"

 Avant cela, "la migration de millions d'abonnés, des infrastructures et des systèmes constitue un programme industriel pluriannuel", ont fait savoir les opérateurs, qui visent des "synergies significatives" et assurent que ces gains vont permettre de "renforcer (leurs) capacités d'investissement".

Dans une réaction séparée, le ministre français de l'Economie, Roland Lescure, a estimé que "cette annonce marque une étape majeure et déterminante pour une opération structurante qui concerne l'ensemble du secteur télécom français et européen".

"Cette annonce constitue une étape importante" pour SFR, ont pour leur part indiqué le PDG d'Altice France, Arthur Dreyfuss, et le PDG de SFR, Mathieu Cocq, dans un mail interne adressé aux salariés de l'entreprise et consulté par l'AFP. Ils précisent également qu'il s'agit "d'un processus complexe, impliquant des sociétés cotées, qui exige de la patience et beaucoup de rigueur", et que les trois acheteurs se sont engagés à ouvrir un dialogue social avec les organisations syndicales représentatives de SFR.

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