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À quoi pourrait ressembler “l’aide exceptionnelle” promise par Macron aux plus modestes?

Emmanuel Macron a promis une "aide exceptionnelle aux familles les plus modestes", touchées économiquement par la crise sanitaire. Ailleurs dans le monde, des États ont décidé d'avoir recours à la monnaie hélicoptère pour soutenir la consommation des ménages.

La mairie de Paris a déjà débloqué une enveloppe de 3,5 millions d'euros pour venir en aide aux familles les plus démunies qui subissent de plein fouet les conséquences économiques de la crise sanitaire
La mairie de Paris a déjà débloqué une enveloppe de 3,5 millions d'euros pour venir en aide aux familles les plus démunies qui subissent de plein fouet les conséquences économiques de la crise sanitaire
Crédit : Martin Bureau / AFP
Benoît Collet

Lors de son allocution télévisée du 13 avril, où il a annoncé le prolongement du confinement jusqu'au 11 mai, le président de la République a parlé de verser une "aide exceptionnelle et sans délai aux familles les plus modestes avec enfants", sans toutefois en préciser le montant ni les modalités de versement. Cette enveloppe financière aurait pour but de "leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels".

La mairie de Paris a déjà adopté ce type de mesures, en débloquant 3,5 millions d'euros pour épauler 29.000 familles de la capitale bénéficiant des tarifs de cantine scolaire les plus bas. En plein confinement, le surcoût du repas du midi est difficilement supportable pour les foyers précaires. Cette aide, versée automatiquement par la Caisse d'allocations familiales pourra aller jusqu'à 150 euros. 50 euros supplémentaires seront versés à partir du deuxième enfant et dans la limite de 3 enfants.

La veille de la prise de parole d'Emmanuel Macron, le patron du PS, Olivier Faure, aurait écrit une lettre au président lui demandant d'accorder une aide exceptionnelle de 300 euros par foyer, majorée de 100 euros par enfant pour les familles bénéficiaires des minima sociaux, relate Le Parisien.

La monnaie hélicoptère, une solution à la crise?

Au niveau européen, certains économistes comme Pascal Perez proposent même que la Banque centrale de l'Union verse 2.000 euros à tous les ménages du continent, afin de répondre au "désordre économique systémique", crée par le Covid-19. "Une disposition, considérée comme tabou, mérite d’être étudiée : la "monnaie hélicoptère". Il s’agit d’un prêt perpétuel personnel financé par chaque banque centrale. Ce prêt permet aux ménages de faire face aux dépenses courantes jusqu’à ce que les affaires reprennent", explique l'expert dans une tribune publiée dans Le Monde.

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Outre-Atlantique, c'est ce qu'a déjà fait Donald Trump, dans le cadre de son colossal plan de relance de l'économie américaine. Mi-mars, le secrétariat au trésor annonçait que chaque Américain recevrait un chèque de la part de l'État, afin de relancer la consommation et donc l'économie : 1.200 dollars pour ceux qui gagnent moins de 75.000 dollars par an, 2.400 pour les couples mariés gagnant moins de 150.000 par an, auxquels s’ajoutent 500 dollars par enfant. À Hong Kong, le gouvernement a décidé de verser plus de 1.000 euros à ses résidents.

Un risque de fuite vers l'épargne

L'idée de "monnaie hélicoptère", comme si un engin volant larguait de l'argent liquide sur la population, a été théorisée en 1969 par l'économiste libéral américain Milton Friedman qui souhaitait ainsi relancer la consommation sans passer par le truchement de la baisse des taux d'intérêt des banques.

Mais ce type de mesures se heurte à des problèmes techniques. Aux États-Unis, l'administration fiscale ne possède pas les coordonnées bancaires de nombreux américains et le transfert des fonds pourrait être repoussé à septembre pour de nombreux d'entre eux, a annoncé le Washington Post.

En Europe, la monnaie hélicoptère ne risque pas de tomber du ciel de si tôt, a estimé le spécialiste de l'économie Christian Ménanteau, sur l'antenne de RTL. "Les pays du Nord qui ont été traumatisés par l'hyper inflation des années 30 ne le supporteraient pas. Et plusieurs indicateurs indiquent aussi que cet argent irait finalement en priorité vers l'épargne plutôt que vers l'économie réelle", explique-t-il.

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