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Précarité des jeunes : le prêt à 0% proposé par Stanislas Guerini, une fausse bonne idée ?

DÉCRYPTAGE - Face aux revendications étudiantes, le délégué général de la République en Marche Stanislas Guerini propose un prêt à taux 0 pour chaque jeune de 18 à 25 ans. Une mesure qui séduit le gouvernement mais pas les premiers concernés.

Une étudiante devant un restaurant universitaire à Rennes.
Une étudiante devant un restaurant universitaire à Rennes. Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Marie Zafimehy
Journaliste

"Un capital jeune pour se lancer dans la vie". C'est ainsi que Stanislas Guerini, délégué général de La République en Marche, décrit son idée de prêt gratuit pour lutter contre la précarité des étudiants et jeunes actifs. Une mesure qui séduit le gouvernement confronté depuis le début de la pandémie aux revendications grandissantes des étudiants, mais jugée très sévèrement par celles et ceux à qui elle est destinée.

Ce prêt serait accordé à tous les jeunes de 18 à 25 ans sans conditions, expliquait Stanislas Guerini dans les colonnes du Monde. "Cette mesure se ferait sous la forme d’un prêt de 10.000 euros, avec un montant remboursable sur une période très longue, trente ans, à taux zéro et uniquement si l’on atteint un certain niveau de revenu, que je propose de fixer à 1.800 euros brut par mois", détaille-t-il.

Interrogé à ce sujet sur France Culture mardi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit favorable à une telle mesure. "Je trouve que c’est une idée intéressante et que toutes les idées qui permettront de dire aux jeunes étudiants, qui aujourd’hui sont dans une situation extrêmement difficile, que nous leur apportons des solutions, que nous leur apportons des propositions, mérite d’être étudiée", a-t-il déclaré... contre l'avis des principaux intéressés.

Accusés d'encourager la précarité

Depuis longtemps, les organisations étudiantes réclament l'ouverture du Revenu de solidarité active (RSA) aux 18-25 ans pour éviter que les jeunes diplômés ne tombent dans la précarité aussitôt sortis de leur cursus scolaire ou universitaire. Une mesure auquel le gouvernement et Emmanuel Macron lui-même sont fermement opposés. La priorité selon eux est d'encourager les jeunes vers l'emploi. "À 18 ans, ce qu'on veut c'est un travail" insistait Bruno Le Maire sur BFM-TV le 15 janvier.

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Un discours impossible à entendre pour l'UNEF. Sur Twitter, le syndicat étudiant a immédiatement réagi à la proposition de prêt de Stanislas Guerini. "Vous n'avez pas très bien cerné nos problèmes, écrit-il. On ne veut pas commencer nos vies endetté-e-s. On veut juste arrêter de crever de faim. Ce qu'il nous faut c'est une allocation d’autonomie à terme et MAINTENANT des mesures d’urgences !" 

Mélanie Luce, présidente de l'UNEF renchérit : "Nous sommes la seule population à n’avoir aucun filet de sécurité, s'indignait-elle mercredi sur BFM Business. On veut juste rentrer dans le droit commun avec une extension du RSA ou une allocation d’autonomie basées sur les ressources des étudiants et non pas des parents." 

Depuis le début de la pandémie les étudiants font partie des publics les plus fragilisés, isolés avec la fermeture des universités, et en situation de précarité pour celles et ceux ayant perdu leurs emplois. Le 21 janvier dernier, Emmanuel Macron a annoncé des "chèques psy" et deux repas par jour à 1 euro pour tous les étudiants. Toujours insuffisant selon l'UNEF, qui, pour faire face aux risques, pour leur santé mentale notamment, demande un plan d'urgence : une pétition est disponible sur le site Change.org.

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