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Coronavirus et détresse des étudiants : Emmanuel Macron cherche la solution

DÉCRYPTAGE - La perspective d'un troisième confinement pourrait aggraver la détresse qui touche les étudiants. Précarité, troubles anxieux et dépressifs... Les alertes se multiplient.

Emmanuel Macron, le 16 janvier 2021
Emmanuel Macron, le 16 janvier 2021 Crédit : Francois Mori / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Une situation alarmante. Une enquête Ipsos pour la Fondation Fontamental, réseau de chercheurs sur les maladies psychiatriques, pointe la détresse sociale dans laquelle est plongée la jeunesse française. Près des deux tiers des jeunes âgés entre 18 et 25 ans (61%) estiment que la crise sanitaire "aura des conséquences négatives sur leur santé mentale, "un peu" pour 42% d'entre eux et "beaucoup" pour 19%.

De nombreux "signaux alarmants" sont remontés au sommet de l'État. Au micro de RTL, Brigitte Macron décrivait "l'extrême précarité" qui touche certains étudiants qui n'ont "plus de petits jobs étudiants", à cause de la pandémie. C'est pourquoi Emmanuel Macron et le gouvernement veulent montrer qu'il n'oublie pas les jeunes dans la gestion de la crise sanitaire. 

Le 21 janvier dernier, le président de la République est allé à la rencontre d'étudiants à l'université de Paris-Saclay dans l'Essonne, avec à ses côtés la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal. "Un étudiant doit avoir les mêmes droits qu'un salarié (...) S'il en a besoin, il doit pouvoir revenir à l'université un jour par semaine" dans des amphis avec une jauge maximum de 20%, a déclaré le chef de l'État. Mais à l'aube d'un reconfinement, les annonces du gouvernement à destination des étudiants a un goût amer.

Ouvrir les universités coûte que coûte ?

Toute la complexité de la gestion de la crise et de la détresse étudiante est résumée dans l'échange de Jean Castex avec le YouTuber Gaspard Guermonprez. Le premier ministre lui a confié "se débattre" pour améliorer le quotidien des étudiants. Le chef du gouvernement a même ouvert la voie à d'éventuelles exceptions, en cas de reconfinement

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"Même quand on est confiné, on a pu, parfois, prévoir un certain nombre d’exceptions. Est-ce que compte tenu de la réalité des étudiants, on les fait rentrer dans les exceptions ? À quel moment ? Même s’il faut rester très prudent", a répondu Jean Castex au Youtuber comme le rapporte La Voix du Nord.

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a reçu, cet après-midi, l’ensemble des présidents d’université et des chefs d’établissements universitaires. Au programme : la mise en œuvre du retour des étudiants en présentiel. Le déroulement des cours et l'application du protocole sanitaire étaient au cœur des discussions, afin d’éviter au maximum les brassages entre les étudiants. 

Des mesures suffisantes ?

Au sein de la majorité, on s'inquiète de cette situation et des conséquences sociales à venir. Selon Le Monde, plusieurs responsables de La République En Marche "poussent sur le fait que, même si on doit renforcer les contraintes, on ouvrira les universités". "De la maternelle à l’université, on doit pouvoir donner des cours, ne serait-ce qu'en mode dégradé", a indiqué un cadre du parti au journal. 

Lors de sa visite à l'université de Paris-Saclay, Emmanuel Macron avait annoncé que les étudiants pourront désormais avoir accès deux fois par jour à un repas pour un euro dans les restos universitaires. Le président de la République avait aussi indiqué que la prise en charge psychologique serait facilitée, avec la création d'un "chèque psy". Sur le terrain, Frédérique Vidal assure le service après-vente. Elle a, d'ailleurs, été à la rencontre ce jeudi d'étudiants, venus chercher leur repas dans un point de vente à emporter du Crous de Créteil.

Dans Le Parisien, Olivier Véran a rappelé que "des services en ligne" permettent "de poser des mots sur la détresse et, si nécessaire, mettre en place un accompagnement médical". Le ministre de la Santé veut aussi "aller plus loin". "J'ai une idée sur laquelle je veux avancer dans les prochaines semaines : développer les premiers secours en santé mentale. Huit facultés le proposent aujourd'hui, je veux le généraliser, y compris dans le monde de l'entreprise", a-t-il expliqué.

Il va falloir encore tenir

Emmanuel Macron
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Autre idée avancée par le délégué général de LaREM Stanislas Guerini : un prêt à taux zéro de 10.000 euros pour chaque jeune de 18 à 25 ans. Un "capital jeune" pour "se lancer dans la vie", a-t-il mis en avant. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a jugé la proposition "intéressante". Ce dispositif, qui pourrait concerner "potentiellement plus de cinq millions de jeunes entre 18 et 25 ans". 

Mais cette mesure ne satisfait pas les principaux concernés. "Drôle de conception que de se lancer dans la vie en passant par la banque, pour échelonner un remboursement", a réagi sur Twitter "En commun", un courant qui représente l'aile gauche de la majorité, a relevé Le Figaro.

Pour résumer, "il va falloir encore tenir", comme l'a indiqué Emmanuel Macron à une étudiante à Sciences Po Strasbourg Heïdi Soupault.

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