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2 min de lecture

Pouvoir d'achat : le blocage des prix est-il une (fausse) bonne idée ?

PODCAST - François Lenglet se penche chaque semaine sur les mutations et les évolutions qui bousculent notre société. Dans cet épisode, il s'intéresse à la question du blocage des prix sur les produits de première nécessité.

Le prix du gasoil au litre a augmenté de 24,6 centimes en un an
Le prix du gasoil au litre a augmenté de 24,6 centimes en un an
Crédit : Pierre Andrieu - AFP
Saison 3 - 3. Pourquoi le blocage des prix est une (fausse) bonne idée
12:57
François Lenglet - édité par Sylvain Zimmermann

Jean-Luc Mélenchon propose le blocage des prix pour les biens de première nécessité - l’électricité, l’essence, les produits alimentaires - pour lutter contre la forte inflation qui sévit. C'est vrai que l'on connaît une flambée des prix de l’énergie en particulier, tout à fait inhabituelle.

Sur le gaz, plus de 15% d’augmentation par rapport à l'avant épidémie de Covid. Et ce n’est pas fini. À la mi-septembre, le cours du gaz a pris 17% en un seul jour… C'est dire la tension qui règne sur le marché de gros.

Pour l'électricité, le tarif utilisateur grimpe aussi, et là encore les cours témoignent d’une poussée problématique qui pourrait se transmettre dans les prochains mois. Quant à l’essence, à 1,45 euros le litre de super, on n’est pas loin des plus hauts enregistrés en 2018.

Les effets pervers du blocage des prix

Alors, le blocage des prix est-il efficace pour lutter contre ces hausses ? C’est une technique qu’on a très longtemps utilisée en France. Durant l'Ancien régime, l’après-guerre et jusqu’au début des années 1980. Ce blocage des prix est efficace, mais seulement en apparence. Le problème, ce sont ses effets pervers : cela dissuade les producteurs et les distributeurs d’approvisionner la demande, parce qu’ils ne sont pas rémunérés suffisamment par rapport à leurs coûts d’approvisionnement.

Est-ce qu’on a déjà constaté ces effets pervers ? Le cas le plus célèbre, c'est le pain pendant la Révolution française. Autre cas bien connu, le blocage des loyers, avec la loi de 1948. Pénurie de logements, pas d’investisseurs. Et développement du marché noir, la soulte, qui témoigne du vrai prix. Si on évoque les systèmes soviétiques ou chinois, les valeurs fixées par leurs gouvernements respectifs ne concernaient qu’une petite partie de l’économie officielle...

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La technique du blocage des prix ignore un élément fondamental en économie : l’intérêt du producteur, l’incitation. En fait, le prix n’est qu’un indicateur de l’équilibre - déséquilibre - entre l’offre et la demande. C’est une conséquence, et pas une cause. S’attacher à traiter les conséquences ne peut pas résoudre le problème. 

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>> Hors-série Lenglet-Co : crise du coronavirus, un podcast hebdomadaire présenté par François Lenglet, qui vous donne les clés pour tout comprendre des évolutions et des mutations économiques, en Europe et dans le monde. Le journaliste en profite aussi pour tordre le cou à de nombreuses idées reçues sur l'économie.

Si vous souhaitez poser des questions à François Lenglet, écrivez à temoins@rtl.fr.

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