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Lundi de Pentecôte : "Supprimer des jours fériés n'est pas la solution", dénonce François Lenglet qui fustige une journée de solidarité vidée de son sens

Le lundi de Pentecôte, censé financer la solidarité envers les personnes âgées est, selon François Lenglet devenu un dispositif brouillé et largement vidé de son sens. L'éditorialiste économique y voit surtout l'illustration d’un enjeu plus large : la nécessité, pour la France, d'augmenter la quantité de travail produite afin de financer son modèle social.

Lundi de Pentecôte : François Lenglet fustige une journée de solidarité vidée de son sens

Crédit : Illustration

L'angle éco de François Lenglet du 25 mai 2026

00:03:13

L'angle éco de François Lenglet du 25 mai 2026

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François Lenglet - édité par La rédaction numérique de RTL

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Sacré lundi de Pentecôte. Officiellement, il n'est plus vraiment férié depuis 2004, année où il a été transformé en journée de solidarité. Pourtant, dans les faits, il reste une journée au ralenti pour une grande partie des Français. À commencer par les élèves : aujourd'hui, il n'y a ni cours ni école. Visiblement, supprimer un jour férié n'a pas suffi à remettre tout le monde au travail davantage.

Souvenez-vous, cette journée de solidarité avait été créée après la canicule de 2003 pour financer la dépendance des personnes âgées.

Sur le papier, l'idée était formidable. Chacun d’entre nous retravaillait un jour férié, par solidarité envers les seniors. Mais l'affaire a vite tourné au bazar. Les écoles, elles, n'avaient pas rouvert : difficile donc de faire garder les enfants. Et puis cette contribution reposait essentiellement sur les salariés, pas vraiment sur les indépendants ni sur les jeunes retraités.

Le dispositif a donc été peu à peu détricoté. Au fil du temps, il s'est transformé en un jour de congé supprimé, variable selon les entreprises, tandis que celles-ci continuent de verser une taxe supplémentaire sur les salaires à la Sécurité sociale.

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Et ce n'est pas rien : cela représente quand même 3,3 milliards d'euros par an. Inutile de dire que la taxe, elle, est restée. On dit souvent qu'en France tout finit par des chansons. C'est faux : chez nous, tout finit surtout par des impôts.

Mais il faut augmenter la quantité de travail effectué dans le pays ?

Derrière ce débat, il y a une réalité économique incontournable : il faut augmenter la quantité de travail produite dans le pays.

C'est vital pour l'avenir de la France et pour le financement de notre modèle social. Sans davantage de richesse créée, le pays continuera de s’enfoncer dans les déficits et la dette, faute de recettes suffisantes.

Il faut d'ailleurs rappeler que la France est le pays de l'OCDE qui produit le moins d'heures de travail par habitant.

Alors quels sont les bons leviers ?

Certainement pas les jours fériés. Car au total, le nombre d'heures officiellement travaillées en France par un salarié n'est pas si différent de celui des autres pays européens.

Le vrai levier efficace, c'est surtout d'augmenter le nombre de personnes qui travaillent, plutôt que de faire travailler davantage, sur une semaine ou sur une année, ceux qui sont déjà au boulot. Mais évidemment, tout le monde aimerait y parvenir.

Comment faire ?

Le point-clé, c'est le travail des seniors. Entre 60 et 64 ans, notre taux d'emploi est de 42,4%, soit dix points de moins que la moyenne européenne. Il y a donc là une réserve de travail considérable.

Et qu'on ne vienne pas systématiquement nous rabattre les oreilles avec la pénibilité. Les autres pays européens ont exactement les mêmes emplois que chez nous. Cela ne les empêche pas de travailler davantage après 60 ans. La différence, c'est qu'ils ont développé davantage de flexibilité à l'intérieur de l'entreprise : temps partiel, changement de poste, aménagements de fin de carrière, etc.

L'autre levier, c'est le système d’indemnisation du chômage, qui n'a pas été suffisamment durci en France et autorise encore des abus. On pense notamment au régime des intermittents du spectacle, mais aussi au dispositif des ruptures conventionnelles.

Ces ruptures conventionnelles permettent parfois à leurs bénéficiaires de toucher des indemnités chômage après ce qui ressemble à une démission déguisée. Il y en a aujourd’hui 550.000 par an, un chiffre qui ne cesse d'augmenter.

Au total, cela représente près de 10 milliards d'euros d'indemnités par an, mais aussi, selon les critiques du système, autant de travail en moins pour le pays.

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