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"On a trop de pétrole" : pourquoi les prix des carburants ne flambent pas, malgré le regain de tensions entre l'Iran et les États-Unis

Malgré la reprise des hostilités et des bombardements entre l'Iran et les États-Unis dans le détroit d'Ormuz, les cours de l'or noir restent stables sous la barre des 80 dollars. Décryptage d'un paradoxe qui soulage le portefeuille des automobilistes.

Un terminal de paiement par carte à une pompe à essence de Fleurance dans le Gers, le 6 mars 2026.

Crédit : Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Pourquoi le marché du pétrole n'a-t-il pas réagi comme lors de la première flambée de tensions ?

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Pourquoi le marché du pétrole n'a-t-il pas réagi comme lors de la première flambée de tensions ?

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Martial You & Daniel Rampf

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Au premier choc, les marchés avaient paniqué. L’intervention américaine en Iran avait surpris, puis la fermeture du détroit d’Ormuz avait fait surgir le scénario noir : une coupure de 20% de l’approvisionnement mondial en pétrole. À ce moment-là, tout était réuni pour provoquer une flambée durable. Le Brent avait alors grimpé jusqu’à 115, voire 120 dollars en mars-avril.

Aujourd’hui, la situation est différente. Les bombardements ont repris, des navires ont de nouveau été pris pour cible, et Donald Trump lui-même a laissé entendre que le cessez-le-feu ne tenait plus. Pourtant, le marché ne s’emballe pas.

Le cours du Brent reste sous les 80 dollars. Autrement dit, les tensions géopolitiques ne suffisent plus, à elles seules, à faire repartir les prix du pétrole à la hausse.

Un marché saturé par une offre abondante

La première explication tient au changement de contexte. "On n’est plus en février." La formule paraît simple, mais elle résume le basculement du marché. Au début de la crise, la surprise dominait. Désormais, les opérateurs regardent d’abord les volumes disponibles et la capacité du marché à absorber les secousses géopolitiques.

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Pendant le conflit, les stocks de pétrole du Golfe se sont remplis parce que les usines d’hydrocarbures n’étaient pas à l’arrêt. Résultat : "Il y a des milliers de tonnes à vendre, plus d’offres et une demande qui n’a pas bougé, ça fait baisser les prix".

Autrement dit, oui, "on a trop de pétrole là en ce moment". Tant que les affrontements restent limités, le marché considère que l’essentiel est préservé. Les soubresauts entre Iraniens et Américains, tant qu’ils restent limités, ne suffisent pas à provoquer une flambée durable

La Chine consomme moins de brut du Golfe

Autre élément décisif : la demande chinoise ralentit. La Chine est le premier acheteur mondial de pétrole brut venant du Golfe. Or Pékin a relancé des centrales à charbon et développé l’électricité verte pour réduire sa consommation d’hydrocarbures. Cela se traduit par une baisse des achats de brut estimée entre 200 000 et 600 000 barils par jour.

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Ce volume est loin d’être anecdotique. Il représente "8 heures de consommation de pétrole en France par jour". Quand un acteur de cette taille réduit ses achats, l’effet se fait immédiatement sentir sur l’équilibre mondial entre l’offre et la demande.

Pas de flambée à la pompe, sauf en cas de choc majeur

Pour les automobilistes français qui s’apprêtent à partir en vacances, le signal est donc plutôt rassurant. À ce stade, rien n’indique une flambée des prix à la pompe. Il faut toujours rester prudent avec le pétrole, parce qu’un bombardement sur une grande installation pétrolière changerait immédiatement la donne. Mais ce n’est pas la tendance actuelle.

Il existe aussi une dimension politique américaine. Donald Trump n’a aucun intérêt à voir grimper le prix du gallon d’essence à l’approche des élections de mi-mandat. Il a été élu sur la promesse de faire baisser les prix, alors même que l’inflation repart. Il ne peut pas se permettre un enlisement militaire qui renchérirait l’énergie et fragiliserait sa position intérieure.

C’est ce qui explique le paradoxe du moment : malgré les menaces, malgré les bombardements, malgré les tensions dans le détroit d’Hormuz, le marché regarde d’abord l’abondance du pétrole disponible et le ralentissement de la demande. Pour Washington, le vrai détroit stratégique du moment n’est presque plus Hormuz, mais "Detroit, dans le Michigan", capitale de la voiture américaine et enjeu électoral bien plus sensible.

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