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Camions de transport routier (illustration)
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
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Le gouvernement pensait calmer la grogne, il a surtout semé le doute. Après l'annonce, vendredi 27 mars, d'un plan d'environ 70 millions d'euros pour aider agriculteurs, pêcheurs et transporteurs face à la flambée des carburants, la colère ne retombe pas. Et pour cause : sur le terrain, personne ne sait vraiment comment, ni combien, les routiers vont réellement toucher.
Sur le papier, les transporteurs doivent bénéficier d'une enveloppe de 50 millions d'euros dès avril. Le gouvernement a en effet annoncé une aide exceptionnelle sur le carburant, équivalente à 20 centimes d'euro par litre. Elle s'adresse aux TPE et PME du transport routier de marchandises et de voyageurs confrontées à de graves difficultés de trésorerie. De quoi laisser penser à une baisse directe à la pompe. Mais ce n'est pas du tout ce qui est prévu.
Invité sur RTL ce lundi 30 mars, Jean-Marc Rivera, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), met les choses au clair : "Il y a une notion de 20 centimes qui apparaît assez trouble. Et je crois qu'il ne faudrait pas laisser croire que les transporteurs vont avoir une réduction de 20 centimes à l'achat de leur carburant. Ce n'est pas du tout ça. C'est un versement d'une somme forfaitaire".
Autrement dit, pas de baisse visible pour les chauffeurs au moment de faire le plein.
C'est l'un des principaux points de blocage. À ce stade, les professionnels ignorent tout ou presque du dispositif. Qui pourra en bénéficier ? Selon quels critères ? Dans quels délais ? Pour quel montant réel ? "On ne connaît pas les modalités de calcul ni d'attribution", insiste Jean-Marc Rivera au micro de RTL. Les discussions avec le ministère n'ont même pas encore commencé.
Autre critique majeure : le niveau de l'aide. "Le choc que nous sommes en train de vivre est comparable à celui de 2022, la crise ukrainienne. À l'époque, c'est 400 millions d'aides directes aux entreprises. On nous propose 8 fois moins, alors que la situation nous apparaît peut-être encore plus grave", ajoute le secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens.
"Il faudrait 50 centimes. Sinon ce sera des faillites, on ne peut pas continuer à travailler à perte", a assuré à l'AFP la trésorière de la Fédération des autocaristes indépendants et gérante de la société de location de cars Ulysse Cars, Sarah Bahezre.
La tension est d'ailleurs montée d'un cran, ce lundi 30 mars, avec une opération escargot sur le périphérique parisien, à l'appel de l'OTRE. Plusieurs dizaines de camions ont ralenti la circulation pour alerter sur l'urgence de la situation.
Les témoignages recueillis par l'AFP traduisent également un profond malaise chez les professionnels de la route. Certains chauffeurs parlent d'un "moral à zéro", d'autres s'interrogent sur la poursuite de leur activité. Le spectre d'une "casse sociale" est désormais ouvertement évoqué par les représentants du secteur.
Lundi, les prix des carburants restaient orientés en légère hausse, selon les chiffres du gouvernement. Le gazole, carburant le plus consommé, se vendait 2,23 euros le litre en moyenne (sur 8.809 stations recensées), contre 1,720 euro le 27 février.
Face à ces critiques, le gouvernement assume toujours la même ligne : pas question de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent plus de la moitié du prix à la pompe.
L'exécutif privilégie des aides ciblées, jugées plus efficaces et moins coûteuses dans un contexte budgétaire contraint. Pour tenter d'apaiser la colère, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a souligné sur Europe 1 et CNews, ce lundi, que les aides annoncées seraient "peut-être reconductibles si la situation perdure, en mai, en juin".
Au final, la question reste entière : les routiers vont-ils vraiment payer leur carburant moins cher ? À ce stade, la réponse est plus qu'incertaine. Entre une aide indirecte, des critères inconnus et un montant contesté, le plan gouvernemental ressemble davantage à un filet de sécurité qu'à une véritable bouffée d'oxygène.
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