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Une personne remplit sa voiture de carburant dans une station-service (photo d'illustration).
Crédit : Elodie CLEMENT / AFP
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Des chauffeurs routiers et d'autocars entendent manifester de nouveau, ce lundi 30 mars, cette fois en Île-de-France, pour réclamer à l'État une aide plus importante pour les protéger de la hausse des prix des carburants. Quelque 110 cars et 70 camions doivent prendre part à une opération escargot, susceptible de ralentir le trafic du périphérique parisien entre 10 heures et 11 heures du matin, a indiqué à l'AFP Bruce Aiglehoux, secrétaire général du syndicat OTRE Île-de-France.
Au micro de RTL, Roger Lesbos, patron de l'entreprise de transport routier à Ecully dans le Rhône, dénonce une augmentation du gasoil de "40, 50 centimes" et le gouvernement "nous donne 20 centimes". "Ca ne résout pas le problème de surcôut, estime-t-il. Il y a une trop grosse inflation du gasoil. C'est un cri d'alerte". Roger Lesbos lance ainsi un message à Philippe Tabarot : "Monsieur le ministre, réveillez-vous, on est en train de couler et de sombrer. On ne demande pas la charité, on demande que nos sociétés puissent continuer à vivre".
Ils se réuniront entre 9 heures et 10 heures près de la porte de Vincennes, avant de se mettre en branle pour le périphérique, sans blocage, "mais effectivement, de 10h à 11h, ça va être compliqué" d'avancer, a indiqué Bruce Aiglehoux, qui doit ensuite rencontrer le préfet de région, pour transmettre les revendications du secteur.
Le 27 mars, le gouvernement a annoncé une aide de quelque 50 millions d'euros le mois prochain pour le secteur du transport, touché de plein fouet par la hausse des prix des carburants, qui ont flambé ces dernières semaines, conséquence de la guerre au Moyen-Orient.
Invité de RTL ce lundi, Jean-Marc Rivera, secrétaire général de l'OTRE, organisation des transporteurs routiers européens, assure qu'il n'y a "absolument aucune volonté de blocage". "Ca va créer un effet de perturbation mais on n'a pas vocation à rester. L'opération est ponctuelle et s'arrêtera en fin de matinée", a-t-il expliqué.
Selon lui, "le choc que nous sommes en train de vivre est comparable à celui de 2022". "Il ne faudrait pas laisser croire que les transporteurs vont avoir une réduction de 20 centimes à l'achat du carburant (...) C'est un versement d'une somme forfaitaire", a-t-il précisé.
Jean-Marc Rivera demande au gouvernement "le même dispositif que celui fait en 2022 qui était d'une simplicité enfantine". Le secrétaire général de l'OTRE met en garde sur "le risque d'une casse sociale" évoquant des "pertes d'emplois" à venir. "On a obligatoirement une accélération des défaillances d'entreprise qui vont avoir lieu" à cause de la guerre au Moyen-Orient. "C'est pire qu'en 2022 parce que la santé de nos entreprises est en forte dégradation", a-t-il ajouté.
La mesure cible les TPE et PME (très petites, petites et moyennes entreprises) qui pourront justifier "de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise". Le coup de pouce est équivalent à une aide forfaitaire de 20 centimes par litre pour les entreprises concernées.
S'ils saluent "une avancée", les routiers, qui ont déjà manifesté samedi sur l'autoroute A7, dans l'Isère, estiment que ces mesures "ne sont pas à la hauteur". "On demande une baisse à la pompe, 20 centimes ce n'est pas suffisant", a indiqué Bruce Aiglehoux, qui souhaite par ailleurs "une aide forfaitaire par véhicule", pour "éponger" les pertes subies en mars.
La ministre de l'Énergie, Maud Brégeon, a écarté de nouvelles mesures, notamment pour les particuliers, évoquant "une situation budgétaire contrainte", sur LCI, sans fermer totalement la porte, toutefois : "On adapte les réponses en fonction d'une situation qui évolue".
D'autres actions des routiers sont prévues ces prochains jours, notamment en Pays-de-Loire mardi 31 mars, et en Provence-Alpes Côte d'Azur, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine mercredi 1er avril.
"Si d'ici une semaine il n'y a pas d'évolution, il y aura plus de monde, il y aura plus de blocages, (...) et ce sera plus contraignant pour tout le monde", a conclu Bruce Aiglehoux, qui évoque une possible action coordonnée à Paris de l'ensemble de ses collègues, à laquelle pourraient se greffer les agriculteurs, autres victimes de la hausse des carburants.
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