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Le délégué général de l'OTRE, Jean-Marc Rivera, invité de RTL ce samedi 28 mars.
Crédit : RTL
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Après trois semaines de demandes restées sans réponse suite à la hausse des prix du carburant provoquée par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les transporteurs ont obtenu une aide ciblée de l’État. Sur les 70 millions d’euros débloqués par le gouvernement ce vendredi 27 mars pour aider les secteurs les plus exposés, 50 millions concernent leur secteur.
"Oui, effectivement, on peut déjà dire que c’est déjà ça", a reconnu Jean-Marc Rivera, délégué général de l’Organisation des Transports Routiers Européens, sur RTL ce samedi 28 mars. "Il y a trois semaines que nous réclamons des aides directes (…) donc déjà cette annonce de reconnaissance (…) du rôle vital et stratégique du transport routier, c’est important".
Mais il tempère immédiatement : "Le côté négatif, c’est que nous considérons que l’aide est insuffisante dans son volume." Il compare avec 2022, où 400 millions d’euros avaient été mobilisés, estimant qu’aujourd’hui seule une minorité d’entreprises pourra être aidée.
Au-delà du montant, c’est l’opacité du dispositif qui inquiète la profession. L’aide sera réservée aux entreprises "en grande difficulté", sans critères précis à ce stade. "Comment allons-nous définir cela ? Quel va être le seuil ? Quelles vont être les modalités ?", interroge le délégué général de l'OTRE.
Il alerte aussi sur un risque de déséquilibre entre entreprises : "Nous redoutons de créer une distorsion de concurrence."
Des discussions doivent s’engager rapidement avec le gouvernement pour clarifier ces points, même si Jean-Marc Rivera salue au micro de RTL "le rôle central" du ministère des Transports, affirmant que le ministre "s’est battu pour nous".
La flambée des carburants, dans un contexte de tensions internationales depuis la guerre déclenchée fin février entre l’Iran, Israël et les États-Unis, a un impact immédiat sur les entreprises. "Aujourd’hui (…) l’impact sur un véhicule poids lourd sur le mois de mars est de l’ordre de 3.000 euros", explique-t-il. "Vous avez une entreprise qui a 10 véhicules, c’est un surcoût de 30.000 euros."
Le carburant représente à lui seul "30% du coût de revient d’un transport", rappelle-t-il, un poste devenu insoutenable pour des entreprises déjà fragilisées. "Sur les deux dernières années, plus de 5.000 entreprises ont déposé le bilan", souligne-t-il encore, pointant une baisse d’activité liée au recul de la consommation.
Face à cette situation, les mobilisations se poursuivent partout en France. Barrages filtrants, opérations escargot ou actions symboliques : les transporteurs veulent faire entendre leur voix.
"Les mouvements (…) sont une expression de détresse des transporteurs", insiste Jean-Marc Rivera. "Il n’y a pas de volonté (…) de bloquer l’économie du pays."
Ce lundi 30 mars, une opération escargot est prévue sur le périphérique parisien. L'alerte est claire : "Notre crainte, c’est une accélération de la casse sociale." Derrière cette crise, il évoque un enjeu plus large : "Si le pavillon français meurt, les poids lourds, vous en aurez toujours, mais ils seront lituaniens, polonais." Un avertissement adressé directement au gouvernement, alors que les discussions doivent se poursuivre.
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