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Les robots vont-ils voler nos emplois ?

ÉDITO - Comme chaque année, le prix du Jeune économiste a été décerné par le Cercle des Économistes. Il récompense des travaux particulièrement intéressants, notamment une thèse sur les conséquences de l'automatisation sur le marché de l'emploi.

Scar est un chien-robot de 32 kilos... sans tête, mais avec de nombreuses capacités.
Scar est un chien-robot de 32 kilos... sans tête, mais avec de nombreuses capacités.
Crédit : JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
La thèse audacieuse du prix du jeune économiste : l'automatisation créé de l'emploi
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Les robots vont-ils voler nos emplois ?
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François Lenglet - édité par Nicolas Barreiro

Les robots vont-ils nous piquer nos boulots ? C’est une question aussi vieille que l’industrie elle-même, mais toujours renouvelée. Car à chaque époque, l’invention du métier à tisser, de la machine à vapeur, de l’électricité, du moteur à explosion, on croit que la machine va rendre le travail humain sans valeur et inutile. Et à chaque époque, on se trompe, victime de la même illusion. 

Aujourd’hui, c’est l’intelligence artificielle qui alimente tous ces fantasmes de déqualification du travail humain. Souvenez-vous, il y a quatre ans c’était Benoît Hamon, le candidat socialiste à la présidentielle, qui voulait taxer les robots, afin de les punir de la concurrence qu’ils exercent à notre encontre. Il suivait en cela une préconisation d’un grand chef d’entreprise, innovateur lui-même, Bill Gates. Et bien Xavier Jaravel, c’est le nom de ce professeur de 31 ans, qui enseigne à la prestigieuse London School of Economics, récompensé par le prix du meilleur jeune économiste, met en pièce cette éternelle idée reçue que la machine est l’ennemie de l’homme

Son champ d’étude, c’est l’industrie française entre 1994 et 2015. Il a étudié, avec plusieurs collègues éminents, l’évolution de l’emploi dans les entreprises qui ont installé des robots. Conclusion sans appel : là où il y a des robots, l’emploi a en réalité augmenté, et non pas diminué. Une idée tout à fait surprenante, qui s’explique ainsi : l’entreprise qui s’automatise remplace en effet des hommes par des machines, dans un premier temps. Très vite, elle devient plus productive, ce qui lui permet de vendre moins cher, donc de gagner des clients. Et cela lui permet aussi d’être plus rentable, donc d’investir davantage. Son chiffre d’affaires augmente, elle doit donc recruter et crée des emplois. Et souvent des emplois plus qualifiés qu’auparavant. 

Pas de craintes pour l'emploi ?

Quand on invente le métier à tisser, au tout début du 19e, en Angleterre, du côté de Manchester, les ouvriers se soulèvent, et cassent les machines, par crainte du chômage. Parce que là où il fallait des dizaines de tisserands, deux seulement suffisaient pour programmer mécaniquement les machines. 

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En France, on a connu la même crise sociale à Lyon, avec la révolte des Canuts. Et pourtant. Le métier à tisser permet d’augmenter la productivité, et donc de faire baisser considérablement le prix des vêtements. Les consommateurs en achètent du coup bien davantage. Des magasins se créent, la publicité se développe : d’innombrables emplois sont créés autour de ces machines. Et les deux emplois qui subsistent pour programmer les métiers à tisser, plus productifs et plus qualifiés, sont bien mieux payés qu’avant. En fait, le métier à tisser a été un incroyable outil pour augmenter le niveau de vie de la population. 
 
Il ne faut pas oublier les victimes, les tisserands d’avant. Ceux-là payent le prix fort. Mais Jaravel montre bien que ralentir l’innovation technique aurait eu un coût payé par toute la société. Autrement dit, si on avait refusé le métier à tisser, tout le monde aurait été plus pauvre. Ce n’est pas pour cela qu’il faut oublier les tisserands. C’est à la collectivité de les indemniser, le chômage sert à cela, et surtout de les former, pour qu’ils puissent se reconvertir. 

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