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Le smartphone principal responsable de la chute de natalité ? Pour François Lenglet, il "offre aux jeunes une socialisation de substitution"

Une étude met en cause un facteur inattendu : l’arrivée du smartphone et des réseaux sociaux, qui bouleverseraient les rencontres, la formation des couples et, au bout de la chaîne, le nombre de naissances.

Des applications de réseaux sociaux sur un smartphone (image d'illustration)

Crédit : Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

De l'influence du smartphone sur la dénatalité

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De l'influence du smartphone sur la dénatalité

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Il y a un phénomène qui mystifie tout le monde : l'accélération de la chute de la natalité. Dans les deux tiers des 195 pays, nous sommes en dessous du seuil de renouvellement de 2,1.  Même les démographes sont pris de vitesse. En Corée du Sud, 350.000 naissances étaient annoncées en 2023. Erreur de prévision, il n'y en a eu que 230.000 cette même année.

Ce phénomène étonnant est désormais mondial. Jusqu'ici cela était corrélé au niveau de développement ou encore au statut des femmes. Le Mexique, la Tunisie ou encore le Brésil sont désormais en dessous des États-Unis. En Inde, la moyenne est d'un enfant par femme. 

Les explications traditionnelles de la dénatalité proviennent du manque de logement ou d'infrastructures de garde. Mais cela ne peut pas être opérant cette fois-ci, car ces déterminants n'ont pas changé si brutalement au point qu'ils puissent expliquer une telle chute. 

Dès que le smartphone est introduit, il y a une chute de la fécondité

La politique familiale n'est plus concernée, et les crédits ont été multipliés par trois depuis 40 ans dans les pays développés. Une cause mondiale, et brutale a été détectée par deux chercheurs de l'université de Cincinnati (États-Unis), Nathan Hudon et Hernan Moscoso-Boedo, reprise et approfondie par le Financial Times : l'arrivée du smartphone. 


Comment en sont-ils venus à relier la chute des naissances avec le téléphone ? Ils ont cartographié le développement progressif des réseaux de téléphonie 4G aux États-Unis et comparé les données à l'évolution des naissances, au plan régional. Et la coïncidence était parfaite. Le Financial Times a poursuivi l'exploration avec les données d'autres pays comme la France, le Sénégal, l'Égypte ou encore l'Indonésie. Et à chaque fois, le même constat. Dès que le smartphone est introduit, il y a une chute de la fécondité, qui peut atteindre 30% après dix ans. 

Les réseaux sociaux se substituent aux rencontres physiques

Le smartphone et les réseaux sociaux offrent aux consommateurs une socialisation de substitution, rendant moins nécessaires les rencontres physiques. Les jeunes passent deux fois moins de temps à rencontrer des personnes dans la vraie vie qu'il y a 30 ans. Ils en ont moins besoin. Mais, moins de couples représentent moins d'enfants. 

Les réseaux sociaux se substituent aux rencontres physiques. Les attentes sur le partenaire changent également, et formatent les jeunes sur les personnages virtuels de TikTok. Les nouvelles générations sont plus exigeantes, et récusent les partenaires réels, qui leur semblent décevants. Plus la culture est traditionnelle avec des rôles stricts pour les deux genres, plus l'impact du smartphone est important sur les mises en couple. Cela génère également davantage de frustration.

Selon cette thèse, les réseaux sociaux provoquent la chute des appariements. En réalité, les femmes qui ont des enfants en ont autant qu'avant. Elles sont juste moins nombreuses. 

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