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2 min de lecture
L'entreprise pharmaceutique française Sanofi.
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
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Dans la tête des dirigeants de Sanofi, un calendrier égrène les jours jusqu’à 2031. C’est à cette date qu’expireront les brevets qui protègent le médicament star de l’entreprise, le Dupixent.
Ce traitement contre l'asthme et l'eczéma est un blockbuster pour le champion pharmaceutique français. Il représente le tiers de ses 43 milliards de chiffre d’affaires annuel. Lorsque le brevet expirera, le médicament pourra être rendu générique, mettant fin aux marges de l'entreprise.
Or, on ne voit rien venir d’aussi puissant dans les laboratoires de Sanofi, malgré les 8 milliards d'euros dépensés pour la recherche chaque année et les acquisitions. Cela a conduit au limogeage brutal du directeur général du groupe, Paul Hudson, mercredi 11 février.
Pourtant, le patron britannique semblait avoir fait le boulot en rationalisant l’entreprise, développant le Dupixent de façon formidable et en cédant les produits à faible valeur ajoutée, comme le Doliprane, pour mettre le paquet sur la recherche.
Le problème est que ces recherches n'ont abouti à rien. En oncologie et en immunologie, les nouveaux traitements de Sanofi ont été décevants et non homologués. À ce jour, il n’y a donc pas de relais de croissance. Même si le géant pharmaceutique est ultra-rentable, son futur est ombragé par la falaise de 2031.
C’est la dure loi de cette industrie. Il faut dépenser des milliards sans avoir la certitude de leur utilité. Du jour au lendemain, telle molécule prometteuse peut être jetée à la poubelle, après des années de travail. Et de temps en temps, c’est le jackpot à dizaines de milliards. Comme chez Novo Nordisk, le danois, avec son traitement amaigrissant Wegovy, ou chez l’américain Eli Lilly, avec un produit du même genre.
Ce business est par conséquent très risqué. La recherche est percutée de tous les côtés. Premièrement, par le développement de l’intelligence artificielle, qui va décupler les possibilités d’innovation et raccourcir le cycle de développement. Ensuite, par l’arrivée des traitements biologiques. Enfin, la montée en puissance de la Chine et de ses start-ups, notamment en cardio et en oncologie, est aussi une menace.
Pour renforcer leurs chances, les "majors" de la pharmacie mondiale cherchent a acquérir les start-ups prometteuses, mais les prix d’acquisition sont déments. Le patron licencié par Sanofi est remplacé par une médecin espagnole, Belén Garijo, qui était à la tête du laboratoire pharmaceutique allemand Merck. Son arrivée n'est prévue qu'en avril, et un intérim sera désigné entre temps.
Espérons pour Sanofi que c’est la bonne, car depuis vingt ans, tous ses patrons successifs ont été remerciés par le Conseil d’administration en cours de mandat. La Bourse n’aime pas trop. Mercredi 18 février, l’action de Sanofi avait le même cours qu’en décembre... 2001 ! Sur la même période, le cours du labo suisse Novartis a été multiplié par 2 et demie, celui de l’américain Johnson and Johnson par quatre, et le britannique AstraZeneca par cinq.
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